Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Les indices boursiers frappent à la porte du ciel !

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Les banques centrales n’épargnent pas leurs efforts pour faire monter les actions. Elles sont déjà allées très loin dans leurs politiques de baisse continue des taux et des rachats d’actifs de dette sur les marchés. Le principe théorique de base qui sous-tend cette logique étant de vouloir pousser les capitaux des investisseurs vers les actifs à risques en défavorisant les actifs « sûrs » comme les emprunts d’États afin de créer et d’entretenir une dynamique économique forte. Le tout en encadrant le système bancaire par des règles prudentielles et un arsenal de contrôle tricoté par les banques elles-mêmes. La logique de cette théorie massivement mise en application en Europe aurait dû faire aboutir depuis belle lurette l’argent des investisseurs dans les entreprises réelles et créer des emplois et de la valeur pour les actionnaires. Je n’ai pas l’impression que les cours d’eaux arrosent aujourd’hui le tissu économique réel des PME, ni même des entreprises cotées de taille moyenne ! L’essentiel de l’argent finit dans les achats d’un nombre très réduit de titres de sociétés multinationales qui sont toujours les mêmes. Nul besoin d’être grand clerc pour savoir qu’en forçant un investisseur qui a horreur du risque à en prendre, il irait toujours vers la voie la plus facile et avec l’issue de sortie la plus proche ! De part la très grande liquidité des échanges sur les marchés des « GAFAM » aux États-Unis et des mastodontes du luxe en France, elles attirent d’autant plus facilement ces investisseurs riscophobes (risquophobes?) poussés dehors des marchés obligataires par les taux négatifs. De plus, ces sociétés possèdent une bien meilleure visibilité économique que la moyenne car la concurrence est très loin derrière.

Ceci explique au moins partiellement que plus les taux longs baissent plus ces valeurs montent. De plus, elles achètent elles aussi leurs propres titres sur les marchés ! Cela a un effet placebo supplémentaire qui fait croire aux investisseurs qu’en cas de coup de tabac sur les marchés, ils pourraient sortir d’autant plus facilement et sans trop de dégâts grâce à cette contrepartie acheteuse. La boucle est bouclée. Or, le fonctionnement exponentiel de la Bourse permet d’absorber de plus en plus facilement les excès de liquidités sur les marchés au fur et à mesure que les crêtes se forment. Et après ? A mon humble avis, les banques centrales sont condamnées à maintenir ce train de vie infernal taux négatifs / rachats massifs d’actifs, voire à l’intensifier, pour éviter à terme un effondrement des marchés boursiers. Pour le moment, l’effet d’entonnoir est total : Les capitaux vont sur les valeurs du luxe qui entraînent de plus en plus facilement et artificiellement la hausse du Cac 40 car chaque jour leurs poids augmentent dans la composition de l’indice. Et pendant ce temps-là, les banques souffrent de milles maux dans un silence étourdissant. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 continue d’évoluer au contact immédiat de sa zone de résistance majeure de 5.650 points et attend une éventuelle envolée de Wall Street pour tenter de s’y attaquer sérieusement.

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