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La folie des taux négatifs s’emballe.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 19 juillet 2019 (numéro 1.000) : “D’un krach à l’autre, les bulles à éviter”. Bonne lecture !!!
La dette publique à 100 % du PIB ? Ce n’est pas grave, c’est le cas aux États-Unis, également… me répond un interlocuteur de Bercy. Ah bon ? Aux États-Unis, la croissance économique est de l’ordre de 3 % chaque année, le pays connaît un assez bon dynamisme démographique, et il y a encore énormément d’espaces à développer, à construire, dans cet Etat continent, d’environ 10 millions de km², doté de pléthore de ressources naturelles, et d’un dynamisme économique non bridé puisque l’Etat, dans toutes les acceptions du terme, Sécurité sociale (Obamacare) incluse, représente à peine plus de 30 % de la création de richesse. En France, ce n’est pas du tout la même chose. La France est un pays qui a une démographie qui commence à baisser de façon spectaculaire, depuis les attaques de François Hollande contre la famille.
Il y a même eu une accélération, on en est à 80.000 naissances de moins chaque année par rapport à la moyenne constatée durant le quinquennat Sarközy, et la croissance a disparu, il n’y a plus de dégâts de la Seconde Guerre mondiale à reconstruire, les infrastructures sont mal entretenues, la dépense publique, qui représente 56 % du PIB, est essentiellement destinée à entretenir des clientèles électorales, via des subventions non-fondées, puisque non-financées.
L’illusion de la dette infinie.
Toujours à Bercy, on vous dit que la dette n’est pas un problème puisqu’on refinance des emprunts qui arrivent à échéance et qui avaient été contractés à plus de 3 % par an en levant de la dette à taux zéro, voire même à taux négatif. Là encore, c’est se moquer du monde. Entre le début des années Sarközy et le milieu des années Macron, le stock de dette a plus que doublé. Le jour où les taux remonteront, l’effet sera spectaculaire, voire même dévastateur. Quand l’Allemagne a décidé de créer des excédents budgétaires afin de réduire sa dette, ce n’est pas parce que la dette ne coûtait pas cher que pour autant l’Allemagne a décidé de se surendetter. Angela Merkel, très prosaïquement, a expliqué qu’il n’était pas normal, vu la faible démographie allemande, de laisser à un nombre de plus en plus petit des stocks de dette de plus en plus gros. Il fallait donc que les générations actuelles acceptent de faire les efforts pour ne pas laisser un héritage maudit aux générations suivantes, moins nombreuses de surcroît.
Même s’il n’utilise pas les mêmes mots, Didier Migaud, président de la Cour des Comptes, a essayé de rafraîchir l’intellect de nos spécialistes de l’Economie, en faisant un constat très objectif : « La France est l’un des rares pays de la zone euro où le ratio de dette sur PIB n’a pas encore amorcé sa décrue. Songeons à l’inverse à l’Allemagne, qui a engagé un effort de désendettement tel qu’il lui permet aujourd’hui de revenir au niveau de dette qu’elle connaissait avant la crise de 2008 ». Même s’ils ont été très modérés, ces termes n’ont pas obtenu l’écho nécessaire et suffisant. Contribuables Associés, l’IFRAP, le RCF tapent contre le mur de la dépense publique, avec des idées souvent très concrètes, des arguments forts, mais le temps passe et, d’années en années, non seulement on ne diminue pas la dépense publique mais on l’augmente.