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Un maire limite les pesticides sur sa commune.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Daniel Cueff, maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) : « Nous aimons les agriculteurs, mais nous n’aimons plus les produits qu’ils utilisent. »
Langouët se positionne comme le village de France le plus respectueux de l’environnement. Daniel Cueff, maire de cette commune située à 25 kilomètres de Rennes (Ille-et-Vilaine), a mis en place, le 18 mai dernier, un arrêté interdisant l’usage de pesticides « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel ». Cependant, selon la préfecture de Bretagne, cet arrêté serait « entaché d’illégalité », car « l’utilisation des produits phytopharmaceutiques relève d’un pouvoir de police spéciale confié au ministre chargé de l’agriculture ».
L’Hebdo-Bourseplus : Où en êtes-vous de votre bras de fer avec l’État pour réduire l’usage des pesticides sur votre commune ?
Daniel Cueff : Vos lecteurs pourront trouver sur le site de la commune l’arrêté dans son détail, qui est assez long, et ma réponse au recours gracieux de Madame la Préfète, avec de nombreux arguments. Pour l’instant, Madame la Préfète n’a pas saisi le tribunal administratif. Je reçois de nombreux soutiens. Même Nicolas Hulot m’a téléphoné pour soutenir mon arrêté. Donc, je ne sais pas ce que cela va donner. Contrairement à ce que l’on dit parfois, ce n’est pas un arrêté d’interdiction des pesticides : c’est un arrêté de distance d’épandage, de 150 mètres autour des habitations, ou de 100 mètres s’il y a une haie qui protège. Je suis étonné par le nombre de soutiens que j’ai localement sur un territoire qui n’est a priori pas favorable à l’écologie, puisque c’est ici qu’est née l’agriculture laitière intensive... Pourtant, je reçois de nombreux messages du style : « On ne savait pas comment le dire aux agriculteurs, merci de l’avoir fait pour nous ».
Avez-vous aussi le sentiment que l’écologie dépasse les clivages politiques traditionnels, car tout le monde a envie d’aller vers une économie plus durable et de faire attention à ce qu’il mange ?
Ce qui est en jeu, ce n’est pas l’écologie, dans le sens où le village est déjà très engagé dans une politique écologique depuis 20 ans, mais c’est la question de la santé : c’est ce qui motive les gens. On se rend compte que nous respirons, malgré nous, des pesticides de synthèse et nous n’en voulons plus. Donc, on demande l’arrêt de ces produits, en sachant que nous n’attaquons pas les agriculteurs. Nous aimons les agriculteurs, mais nous n’aimons plus les produits qu’ils utilisent. C’est une question de santé publique au-delà de l’écologie.
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