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Le Sénat publie le rapport du groupe de travail sur la situation des commerçants après les manifestations des Gilets jaunes.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Évelyne Renaud-Garabedian, sénatrice LR des Français établis hors de France : « L’État a failli dans sa fonction régalienne de maintien de l’ordre public et surtout dans sa mission de protection de la liberté d’entreprendre et de la liberté de commerce. »
Le Sénat a mis en place un groupe de travail sur les conséquences, pour les commerçants, des violences intervenues en marge des manifestations de Gilets jaunes. Dans le rapport qui vient d’être présenté par Évelyne Renaud-Garabedian, sénatrice LR des Français établis hors de France, les élus estiment que « les violences répétées durant six mois en marge des Gilets jaunes ont considérablement accentué les fragilités d’un grand nombre d’artisans et de commerçants des centres-villes. Ces derniers sont les grands oubliés des mesures annoncées par l’État pour sortir de la crise, qui ne sont pas à la hauteur des nombreux préjudices graves dont le tissu économique local est victime. Pourtant, ces entreprises et leurs salariés ont été pendant six mois harcelés par les casseurs, du fait des défaillances de l’État dans le maintien de l’ordre public ». Aujourd’hui, on mesure les conséquences dramatiques de ces nuisances : « Assèchement de la trésorerie, promotions désespérées, ventes de stocks à prix cassés, ruptures d’approvisionnement, retards de paiement aux fournisseurs, dégradation des relations bancaires. Pourtant, face à l’ampleur de ce phénomène, le gouvernement a largement opté pour des demi-mesures, simples rappels de dispositifs existants ». Évelyne Renaud-Garabedian, sénatrice LR des Français établis hors de France, est la présidente de ce groupe de travail qui émet plusieurs recommandations pour mieux protéger les entreprises et mieux les indemniser.
L’Hebdo-Bourseplus : À la suite des manifestations des Gilets jaunes et des difficultés rencontrées par les commerçants, le gouvernement avait annoncé différentes mesures. De leur côté, les CCI ont aussi annoncé des dispositifs spécifiques et on nous a expliqué que les administrations avaient reçu des directives particulières. Toutefois, vous semblez dire dans votre rapport qu’il y a eu beaucoup de communication, mais que les commerçants ne sont toujours pas sortis d’affaire…
Évelyne Renaud-Garabedian : C’est vrai et faux à la fois. Il faut reconnaître que le gouvernement a lancé une bonne opération de communication par l’intermédiaire de la Direction générale des entreprises et, effectivement, tous les commerçants, à Paris comme dans le reste de la France, ont eu une information par laquelle l’URSSAF et la Direction générale des impôts leur consentaient des moratoires et des reports de paiement d’échéances. L’information est bien passée. Ensuite, nous avons questionné un certain nombre de commerçants, puisque nous avons rencontré près de 50 interlocuteurs. Un bon nombre de commerçants ont bénéficié de ces reports grâce au guichet unique qui a été mis en place en province par les différentes Chambres de commerce, les villes et les régions. Cependant, certains commerçants nous ont dit qu’ils n’avaient bénéficié d’aucun report. Donc, certains ont obtenu des reports. Mais d’autres, non...
Il y a également les baisses de chiffre d’affaires et l’impact psychologique de ces exactions. C’est quelque chose de difficile à mesurer…
Les reports ne suffisent pas, parce que les commerçants vont bien devoir payer les sommes qu’ils doivent à l’administration fiscale. Ils ont obtenu des moratoires d’environ six mois : c’était en décembre dernier, jusqu’au 30 juin. Malheureusement, les commerçants constatent qu’ils ont perdu 30 % de chiffre d’affaires en moyenne, 70 % le samedi et, sur la semaine, cela représente une moyenne de 30 %. Cela veut dire qu’au mois de juin, quand ils devaient payer les fournisseurs courants, les impôts et les charges, ils devaient en plus régler les arriérés qui arrivaient à échéance et leur trésorerie n’est pas suffisante pour payer tout cela.