Le réseau ERA analyse le marché immobilier européen.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

François Gagnon, PDG d’ERA : « La tendance générale n’est absolument pas bousculée par le Brexit. »

Le réseau ERA vient de publier son étude annuelle sur les tendances du marché immobilier en Europe. Le groupe décrypte le marché européen de 2018 et dessine les tendances pour cette année 2019. La principale conclusion est que les prix de l’immobilier sont en hausse partout en Europe, sauf en Turquie, pays intégré dans le périmètre de l’étude. François Gagnon, PDG d’ERA, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous observez une augmentation des prix de l’immobilier dans toute l’Europe. Comment analysez-vous cette hausse car, en principe, la mer ne peut pas être haute partout au même moment ?

François Gagnon : Nous constatons que les prix sont en hausse partout. Il y a quelques exemples marquants. Je prends le cas de l’Autriche, avec Vienne, où les prix ont augmenté de 15 % entre 2017 et 2018 : c’est-à-dire que les prix moyens à Vienne sont passés de 320 000 à 360 000 euros, c’est assez impressionnant, et l’on observe aussi une hausse de 2,3 % du nombre des transactions. Il y a un autre exemple, c’est celui du Portugal, où le nombre de transactions a augmenté de 16,5 %, en passant de 153 000 à 178 000 euros, et les prix à Lisbonne ont augmenté de 7,9 %. Ce qui est intéressant, c’est que le Portugal est le pays européen où le nombre de transactions a le plus augmenté, après la Belgique, où le nombre de transactions a progressé de 22 % entre 2017 et 2018. Simplement, le prix moyen à Lisbonne est de 150 000 euros, c’est l’un des prix les plus abordables dans les capitales européennes. Sinon, vous retrouvez des prix qui dépassent les 300 000 euros dans la plupart des pays. À Prague, en République tchèque, les prix ont augmenté de 29,6 % entre 2017 et 2018, passant à 184 000 euros en moyenne. La raison pour laquelle on constate cela, c’est la présence d’énormément d’acheteurs en provenance d’Allemagne, d’Autriche et des pays de l’Est. Ces gens constatent que l’économie tchèque se porte bien et ils font donc des investissements en masse.

Dans l’autre extrême, dans le classement des pays qui ont le plus souffert, on sort de l’Europe et on trouve la Turquie, puisque les prix ont baissé de 23 % à Istanbul, en passant de 62 000 à 47 000 euros en moyenne, ce qui fait un prix au mètre carré de 380 euros le mètre carré pour un appartement à Istanbul. On explique cela par le contexte économique et politique incertain, avec des inquiétudes autour du gouvernement Erdogan. Beaucoup de gens veulent essayer de sortir leur argent de Turquie, c’est de plus en plus difficile, et la dévaluation de la monnaie turque fait que la Turquie peut se révéler être un très bon investissement si, évidemment, vous venez de l’extérieur. Vous avez une très importante population d’expatriés turcs un peu partout en Europe, surtout en Allemagne, qui reviennent acheter au pays après avoir gagné de l’argent ailleurs. Le nombre de transactions a baissé en Turquie de 2,4 % et le prix au mètre carré a baissé de 23 %, ce qui est énorme. Je peux conclure avec un exemple plus anecdotique, celui de Berne, où le nombre de transactions a diminué de 4 %, 49 000 en 2018, contre 47 000 en 2017, mais les prix ont augmenté de 3 % et le prix moyen d’un bien immobilier à Berne est de 1,4 million d’euros. Le prix du mètre carré dépasse maintenant 13 000 euros à Berne. Vous voyez bien tous les écarts que l’on peut observer entre différents pays.


Il y a donc une explication pour chaque hausse puisque l’attractivité du Portugal n’est démentie par personne, avec de nombreux Français qui s’y installent, et l’on observe aussi que la République tchèque attire beaucoup d’investisseurs allemands ou en provenance des pays de l’Est. Il y a également beaucoup de touristes à Prague, ce qui permet à un investisseur de rentabiliser son logement assez facilement… L’Europe est-elle donc attractive dans son ensemble ?

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