Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Retours aux cimes et flambée de l’or

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Après une période d’incertitudes sur fond de craintes liées au conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, les marchés sont revenus relativement rapidement au contact de leurs plus hauts annuels de fin avril. Pour les marchés américains, cela correspond en plus aux niveaux des records historiques absolus. C’est justement cette dimension des records qui interroge le plus. Or, jusqu’à présent, à chaque fois que les indices US avaient touché cette zone, ils ont corrigé fortement dans les mois qui suivirent. Une partie des acheteurs commence à lever le pied à partir des 26.000 points sur le Dow Jones, 8.000 points sur le Nasdaq et 5.500 points sur le Cac 40. Cette frange d’investisseurs refuse jusqu’à présent de payer plus cher que ces seuils qu’elle juge trop chers. D’autres choisissent de vendre au moins partiellement et d’arbitrer en se réfugiant sur les obligations. Or, ce jeu-là dure maintenant depuis près de 18 mois durant lesquels les marchés boursiers butèrent à trois reprises sur leurs zones de résistances majeures respectives en janvier 2018, octobre 2018 et fin avril 2019. Toutefois, le fait qu’ils trouvent encore des ressources pour tenter une nouvelle attaque actuellement a de quoi laisser perplexe. Cela prouve au moins une chose, il y a beaucoup trop d’argent dans le circuit financier mondial par rapport aux actifs tangibles existants. Une sorte d’hyper inflation sur les actifs et non pas sur les biens de consommation courante qui caractérisent l’hyper inflation habituelle.

Autrement dit, les investisseurs ne trouvent plus quoi acheter d’intéressant et préfèrent attendre sur des placements réputés sûrs, les obligations souveraines, en payant un intérêt négatif ! Pis, même sur ces produits-là, les risques augmentent de manière significative à mesure que la récession menace à l’horizon de mi-2020. Voilà donc de quoi réveiller le marché de l’or métal qui sommeillait depuis de longues années ! Après tout, puisque les rôles sont inversés entre l’obligataire-prêteur et l’État-emprunteur, pourquoi acheter des obligations à taux négatifs alors que l’or est non seulement plus sûr mais ne coûte pas d ’intérêt (négatif) ? Imaginez un peu le propriétaire immobilier qui paierait le loyer à son locataire (pour protéger l’appartement) ! On aurait dit qu’on était entrés chez les fous ! Ils ont tellement manipulé les marchés depuis tant d’années avec la complicité active des États dépensiers et surendettés que les marchés ne savent plus où donner de la tête. Dans ces conditions, l’argent n’a plus guère le choix que de s’engouffrer dans les multiples brèches ouvertes par l’excès de liquidités, à l’instar des cryptomonnaies et à présent l’or. Mais à choisir, il n’y a vraiment pas photo en faveur du métal fin ! Il redevient une excellente valeur refuge contre une inévitable crise qui éclatera un jour ou l’autre car les taux négatifs ne sont rien d’autre qu’une maladie du système. D’ailleurs, il est tout à fait possible que la récente hausse de l’once d’or avec débordement de la résistance majeure à long terme ne soit que le début d’une formidable ruée vers l’or ! Et si cette hausse ne présageait rien d’autre que l’imminence d’une crise financière et bancaire majeure ?

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