La bataille d’un maire pour retrouver sa caserne de pompiers.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Dominique Genin, maire d’Êrome (Drôme) : « Je ne vais pas laisser tomber mes administrés et on ira au bout. »

C’est une affaire qui remonte à 2015. Les élus d’Êrome, un village de plus de 800 habitants, situé dans la Drôme, ont à l’époque appris que la caserne des pompiers allait être supprimée. La fermeture a été opérationnelle en novembre dernier, mais les élus continuent de se battre et ils contestent cette décision devant le tribunal administratif. Les habitants craignent pour leur sécurité et déplorent la disparition d’une institution qui maintenait le lien social au sein du village. Dominique Genin, maire d’Êrome, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est l’origine de cette décision de supprimer la caserne des pompiers d’Êrome ?

Dominique Genin : Au départ, c’est une politique voulue par le nouveau président du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours), qui est arrivé lors de la dernière élection en 2015. Il a annoncé vouloir faire des économies - c’est un objectif louable - en précisant que cela se traduirait par la fermeture des petits centres. Depuis 2015, nous discutons avec lui. Nous lui avons écrit au moins une dizaine de lettres pour lui expliquer notre position, en soulignant que si c’était pour une raison financière, nous étions prêts à mettre la différence pour conserver notre caserne. Les choses se sont enchaînées et il a trouvé toutes les excuses possibles pour fermer notre caserne. Nous avons démonté ces excuses une par une mais, au bout d’un moment, il a fini par convaincre le préfet, qui a signé un arrêté de fermeture de la caserne. Depuis, nous sommes en procès et nous avons mis notre avocat sur cette affaire. Nous avons de nombreux arguments, car certaines affirmations de la partie adverse sont fausses.

Au bout d’un moment, même le président du SDIS n’a pas pu répondre aux articles de presse... Maintenant, nous attendons le procès et nous pensons que nos arguments seront entendus. La seule chose qui est difficile, c’est qu’aujourd’hui on ne peut intenter un procès qu’au tribunal administratif, qui n’est pas capable de juger le fond, mais seulement sur la forme et, dans ce contexte, je pense que la préfecture est assez pointue pour n’avoir pas fait de vices de forme dans cette procédure de fermeture. Après, c’est de la politique et le tribunal administratif ne veut absolument pas juger cette affaire sur le fond. Nous allons quand même essayer de nous défendre auprès du tribunal, parce que nous pensons que c’est une hérésie sur le fond.


Pourtant, on parle bien de l’égalité des territoires au sein de la République, il ne peut pas y avoir de sous-territoires…

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