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L’éditeur de vidéos monétisées pour les sites éditoriaux lève 3 millions d’euros.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
David Nicolas, cofondateur de Pepsia : « Les éditeurs que nous visons sont déjà assez gros pour intéresser nos annonceurs, mais trop petits pour se vendre tout seuls. »
Pepsia permet aux éditeurs de sites d’intégrer en quelques clics sur leurs pages des vidéos monétisées. Ils génèrent ainsi des revenus publicitaires tout en complétant intelligemment leur ligne éditoriale. Présente en France et en Allemagne, la solution Pepsia est utilisée par plus de 200 sites web et médias, avec près de 100 millions de vues chaque mois. L’entreprise vient de boucler un financement de 3 millions d’euros auprès d’IRDI Soridec (fonds d’investissement) et d’établissements bancaires (BPI France notamment). Lancée il y a seulement un an, Pepsia a connu une forte croissance, atteignant 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires en 2018 sur 9 mois d’activité. Riche de plus de 5 000 vidéos éditoriales, réparties en 119 thématiques et réalisées par des journalistes professionnels, Pepsia est capable de sélectionner la vidéo qui sera la plus susceptible de plaire à l’internaute, en fonction de l’article qu’il lit. Pour David Nicolas, cofondateur de Pepsia : « Alors que l’engouement des annonceurs pour la publicité vidéo ne se dément pas, l’inventaire reste pourtant ultra-concentré et limité à YouTube, Facebook et quelques gros groupes de presse. En cause, des coûts élevés de production, des solutions techniques complexes et des annonceurs inaccessibles aux acteurs isolés ».
L’Hebdo-Bourseplus : Vous proposez aux éditeurs de poster des vidéos qui sont adaptées au concept de leur site, en incluant une solution de monétarisation. Est-ce un résumé de votre offre ?
David Nicolas : On s’aperçoit que la publicité est de plus en plus mal vue, parce qu’elle n’apporte pas une grande valeur ajoutée pour le lecteur, alors que c’est quelque chose de vital pour les sites de contenu. Nous avons donc imaginé un format qui allie la publicité à la vidéo éditoriale. D’abord, nous essayons d’avoir des contenus éditoriaux qui vont vraiment être complémentaires de l’article publié et qui vont donc plaire aux lecteurs. Ensuite, comme la publicité vidéo est plus rentable que les autres formats, avec un seul format comme le nôtre, l’éditeur peut remplacer deux ou trois formats publicitaires classiques et l’expérience publicitaire est immédiatement plus agréable pour le lecteur. On a constaté que les médias moyens, ceux qui sont aux alentours de 500 000 visiteurs par mois, ne pouvaient pas seuls accéder à la vidéo, parce que leur métier n’est pas de produire du contenu vidéo, l’externalisation du contenu coûte très cher, il y a des coûts inhérents au streaming et, pour commercialiser de la publicité sur des contenus vidéo, il faut déjà avoir une belle taille. Les éditeurs que nous visons sont déjà assez gros pour intéresser nos annonceurs, mais trop petits pour se vendre tout seuls. Nous leur proposons donc une solution clé en main : un algorithme analyse le sujet de l’article pour essayer de trouver une vidéo dans notre catalogue, afin qu’elle soit la plus complémentaire possible et tout fonctionne automatiquement. Cela génère des revenus pour les deux partenaires, cela nous permet de supporter nos coûts de fonctionnement et cela rapporte aussi de l’argent aux éditeurs.
Les éditeurs de contenus ne font-ils pas déjà tous progressivement de la vidéo, puisque l’on trouve des vidéos sur de nombreux sites locaux ou thématiques ?
C’est peut-être vrai dans la presse d’actualité, y compris la presse régionale, mais nous visons des sites éditoriaux qui ont des thématiques précises et il y en a très peu qui utilisent actuellement la vidéo. Aujourd’hui, il y a à peu près 35 000 sites en France qui font plus de 500 000 visiteurs par mois, c’est la cible qui nous intéresse, et il y en a moins de 5 % qui ont accès à la vidéo. Il ne faut pas oublier que lorsque l’on est un acteur isolé, cela coûte très cher d’accéder à la production de contenus vidéo. Les solutions techniques sont complexes.
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