⟵ Retour
Le mirage de la baisse des taux
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Quand il n’y en a plus, il y en a encore ! Telle pourrait être la devise secrète des banques centrales. Ou encore, tant que je gagne, je joue. Quoiqu’on pourrait penser de la pertinence de leurs politiques monétaires sur l’économie mondiale, on ne peut que constater que cela fonctionne toujours sur les marchés actions. Après la très forte reprise du début du mois puis une courte période de consolidation, les voilà repartis gaillardement au défit de leurs zones de résistances majeures à long terme respectives. A Wall Street, les enjeux techniques concernent les anciens records historiques situés à l’approche des 27.000 points pour le Dow Jones et 8.150 points sur le Nasdaq Composite. A la Bourse de Paris, c’est la zone des 5.550 à 5.650 points qui est une nouvelle fois attaquée par les acheteurs. Or, jusqu’à présent aussi bien d’un côté de l’Atlantique que de l’autre, les diverses tentatives précédentes s’étaient toujours soldées par des échecs puis suivies par des rétros significatifs du marché. A la différence des essais précédents, aujourd’hui les taux longs sont à zéro en ce qui concerne les OAT à 10 ans, à -0,30 % sur les Bunds allemands et -0,50 % sur les obligations suisses ! Aux États-Unis, les taux des US Bonds sont passés rapidement de 3,20 % à 2,09 % actuellement. Il s’agit d’une situation totalement inédite dans laquelle on voit les gens payer de plus en cher pour ne pas avoir à prendre des risques sur les actions et encore moins dans l’économie réelle. Et pourtant, les actions montent, montent, montent !
Vue l’ampleur de la hausse cumulée depuis le début du mois, elle ne saurait être expliquée par les seules opérations d’arbitrages des fonds d’investissement des marchés obligataires vers les marchés des actions. La dimension spéculative semble prendre de plus en plus de l’ampleur ce qui fait penser à la possible formation d’une nouvelle gigantesque bulle spéculative. Dans l’état actuel des choses, de deux choses l’une. Ou bien les marchés vont réussir à déborder enfin cette zone de résistance majeure (27.000 points au Dow Jones et 5.650 points au Cac 40) et dans ce cas, on y aurait droit. Par la suite, on pourrait observer la formation d’une nouvelle forte poussée des marchés comprise entre 10 % et 20 %. Ou bien, il y aurait encore échec de débordement et là, il vaudrait mieux mettre ses jambes à son cou et mettre bien au chaud tout ce qui est action et même obligation en les vendant. Seules quelques situations très spéciales pourraient encore performer dans ce type de marché. En réalité, comme vous pouvez le constater depuis quelques semaines, la volatilité des indices majeurs est devenue énorme indiquant une très grande incertitude chez les gros intervenants professionnels. Entre la peur de perdre gros et celle de passer à côté d’une très forte hausse à venir, les cœurs balancent. Mais, ce qu’il ne faut jamais perdre de vue, c’est que le niveau du risque est actuellement extrêmement élevé. Dans un système dans lequel les banques sont très fragilisées avec une situation qui s’aggrave jour après jour, la hausse des marchés actions paraît pour le moins paradoxale.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.