⟵ Retour
L’expert international en intelligence artificielle publie "La révolution des services 4.0"
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
John Rauscher : « Au-delà de sept points de données, on a besoin d’avoir un deuxième cerveau et l’avenir du 4.0 n’est pas de vouloir tout faire par l’intelligence artificielle. »
John Rauscher a été formé à l’université de Berkeley en Californie. Il a créé des start-up dans le secteur des logiciels et du Big data. Sa première entreprise a été cotée en bourse, sa seconde a été revendue à Oracle et sa troisième, leader mondial dans l’intelligence artificielle, a été reprise par un fonds d’investissement. John Rauscher a déjà publié deux livres « À la conquête de la Silicon Valley » et « PME : réussir à l’international », avec une préface de Christine Lagarde. Aujourd’hui, John Rauscher donne des conférences dans le monde entier sur le thème de l’intelligence artificielle. « La révolution des services 4.0 » de John Rauscher est publié chez Amazon.
L’Hebdo-Bourseplus : Nous savons tous que l’intelligence artificielle est basée sur de l’auto-apprentissage. L’intelligence artificielle, qui en réalité n’est pas intelligente, le devient-elle progressivement ?
John Rauscher : La technologie actuelle d’auto-apprentissage a un certain nombre de faiblesses qui sont rédhibitoires sur le futur et ces technologies vont disparaître au profit de nouvelles technologies d’auto-apprentissage qui vont arriver. À la date d’aujourd’hui, il y a peu de risques. Les réseaux de neurones sont des boîtes noires qui ont des approches statistiques et, quand on a une réponse, elle n’est pas exacte à 100 %. Or, depuis 30 ans, les utilisateurs d’informatique sont confrontés à une informatique exacte. Quand vous recevez votre relevé de banque, vous ne prenez pas votre calculatrice pour vérifier que la balance de votre compte en bas de votre relevé est exacte... L’inconvénient de l’auto-apprentissage, c’est que nous sommes dans des technologies statistiques où le résultat n’est pas exact à 100 %. Dans les laboratoires, on arrive à faire du 95 %, alors que dans la réalité on est souvent à 70 %. Donc, il faudra toujours une validation de l’être humain. Mais la machine ne se fatigue pas, elle va apprendre un certain nombre de choses qui sont prédéterminées, et, pendant encore très longtemps, il y aura une complémentarité entre l’intelligence artificielle et l’homme, et pas du tout un remplacement de l’homme par la machine.
Lorsque vous envoyez un courriel pour interroger une entreprise, s’il s’agit d’une question générique, vous recevez une réponse très rapidement, parce qu’elle aura été traitée par de l’intelligence artificielle. Mais dès que vous sortez des questions standards, le délai est plus long, puisqu’il faut faire appel à un être humain…
Certains ont pensé qu’ils allaient remplacer les êtres humains par de l’intelligence artificielle et ce n’est pas vrai. Si la réponse est de bas niveau, c’est possible, comme pour prendre rendez-vous avec son coiffeur. L’automate est capable de comprendre une voix humaine pour prendre un rendez-vous. Mais dès que l’on arrive à une tâche qui exige un minimum de raisonnement ou de compréhension du texte, on sort du spectre de l’intelligence artificielle. D’ailleurs, je démontre dans mes conférences que l’intelligence artificielle va créer de l’emploi. L’automatisation va permettre d’apporter des produits ou des services qui étaient inaccessibles pour des raisons de prix et de les rendre populaires pour l’ensemble de la population à un prix qui est très faible. Dans ce cadre, nous aurons énormément de nouveaux services qui vont arriver et, derrière, il y aura tout un travail noble à faire par l’humain. L’intelligence artificielle est mono-disciplinaire et cela veut dire qu’elle n’a pas de bon sens et pas de vraie créativité.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.