La France doit jouer un rôle majeur dans la zone Indo-Pacifique.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Thomas Gassilloud, député LREM du Rhône : « Nous observons des signes inquiétants qui nous font craindre que ce conflit dégénère. »

C’est un thème qui a peu été évoqué dans la presse : le rôle de la France dans la région Indo-Pacifique, notamment sur la liberté de navigation dans nos territoires nationaux comme Mayotte, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Thomas Gassilloud, député LREM du Rhône, vient d’aborder ce sujet à l’Assemblée nationale en rappelant que « la pression des politiques hégémoniques chinoise et américaine est palpable. La guerre commerciale fait rage, affectant tous les pans de la société ». Selon lui, « nous pouvons être fiers d’avoir voté la loi de programmation militaire, qui nous permet de disposer de moyens à la hauteur des enjeux dans la région. Intimidation, terrorisme, piraterie ou crime organisé, toute action hostile à notre souveraineté est combattue par 7 000 soldats français déployés ou prépositionnés. Néanmoins, nous devons rester vigilants. La multiplication des intimidations régionales témoigne d’une réalité grave : le bassin Indo-Pacifique menace de s’embraser ».

Florence Parly, ministre des Armées, a confirmé : « La région est aujourd’hui en proie à des tensions croissantes. Nous avons beaucoup à protéger : 1,6 million de nos concitoyens y vivent ; plus de 80 % de notre zone économique exclusive – qui est, je le rappelle, la deuxième au monde – y est située. C’est pourquoi dans la lignée du discours prononcé l’année dernière par le président de la République à Garden Island, en Australie, j’ai présenté la stratégie Indo-Pacifique de la France. Celle-ci s’articule autour de cinq priorités. Premièrement, nous assurerons la sécurité de nos citoyens, de nos territoires et de nos intérêts. Deuxièmement, nous contribuerons à la sécurité des espaces régionaux entourant nos outremers par la coopération militaire et de sécurité. Troisièmement, nous préserverons un accès libre et ouvert non seulement aux espaces communs, mais également aux voies de communication maritimes. Nous continuerons à naviguer en mer de Chine, au moins deux fois par an. Quatrièmement, nous participerons, dans un cadre multilatéral, avec nos partenaires, au maintien de la stabilité de la région. Enfin, nous tirerons les enseignements des catastrophes naturelles qui ont frappé, récemment encore, ces territoires ».


L’Hebdo-Bourseplus : Vous évoquez le rôle que doit jouer la France en Asie. Il y a eu une présence francophone au Vietnam, mais aussi en Inde. Nous avons toujours gardé des rapports culturels et commerciaux avec l’Afrique et le Maghreb, mais on a laissé tomber cette partie du monde. Comment expliquez-vous cela ?

Thomas Gassilloud : Il y a plusieurs raisons. D’abord, une raison historique, sur la manière dont se sont déroulées les décolonisations. Il y a eu beaucoup plus de suivi avec les pays africains qu’avec les pays asiatiques. Il y a aussi une raison linguistique, puisqu’il y a des pays dont la langue officielle est toujours le français, donc on peut entretenir davantage de liens de proximité avec eux. Enfin, il y a aussi une raison de proximité géographique, puisque l’Afrique est de l’autre côté de la Méditerranée.


Qu’est-ce qui vous a poussé à alerter le gouvernement sur ce sujet ?

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