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Renault : un nouveau vrai patron, des dents affûtées, une ambition mondiale, et des finances qui sont en ordre.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 21 juin 2019 (numéro 996) : “Or : une protection contre l’inflation ”. Bonne lecture !!!
Lorsque l’on arrive à l’AG de Renault, l’ambiance n’a rien à voir avec celle de PSA. Là où, depuis Carlos Tavares, PSA affiche sa modestie (sa pingrerie?), tenant son assemblée générale à Rueil-Malmaison, un endroit presque inatteignable, loin des transports en commun, et où il n’y a pas de parking pour garer sa voiture, dans des locaux appartenant au groupe, aménagés à la va-vite, sans effet de style, sans buffet à la sortie ni café à l’arrivée, sans présentation de modèles… chez Renault, qui tenait son AG, ce mercredi, au palais des congrès de Paris, c’est un show, coûteux, c’est une démonstration de force, et, Jean-Dominique Senard n’a rien changé par rapport au décorum mis en place par Carlos Ghosn. PSA fait une AG peu coûteuse, Renault fait une AG spot publicitaire.
Senard sur la défensive.
L’ancien patron de Michelin, pour sa première, se retrouve un peu sur la défensive (discours passe partout, poli... pas agressif pour deux sous), du fait du raté du projet de fusion (une OPA cachée) entre FCA et Renault, qui a dérapé la semaine dernière. A peine arrivé, déjà sur le départ ? Nenni. Senard est un industriel et il a envie de « remettre l’église au cœur du village », à savoir réaffirmer, en force s’il le faut, dès le 25 juin prochain, la place et le rôle de Renault comme premier actionnaire de Nissan, comme majoritaire le jour d’une AG. S’il faut porter la dague, il le fera, mais il ne va pas sonner les trompettes avant. Via ses différents comités, Hiroto Saikawa, qui s’est autoproclamé réélu comme directeur général de Nissan, veut éviter que son actionnaire principal ait un rôle dans la stratégie de Nissan, chez Renault, on ne l’entend pas de cette oreille.
Sans l’argent de Renault, sans RCI Bank, sans l’implantation commerciale de Renault en Europe et en Amérique du Sud, jamais Nissan n’aurait connu un redressement, une fois désendetté, il n’aurait pu se consacrer à étendre ses activités en Amérique du Nord puis à s’implanter en Chine, de façon assez brillante d’ailleurs. Il faut remettre les points sur les « i », et parfois, il faudra peut-être frapper du poing sur la table. En avance de l’assemblée, il est amusant de voir l’état d’esprit des cadres dirigeants, qui naguère étaient un peu inquiets, qui, du temps de Carlos Ghosn, hésitaient à discuter, à se répandre en confidences, et affichent, juste avant l’ouverture de l’AG, une sorte de « carré de la garde impériale », autour du losange, autour de Thierry Bolloré (homme sans trop de charisme, euphémisme), et de Jean-Dominique Senard. On verra bien le 25 juin si Senard suit le conseil de Glass Lewis et d’ISS, et vire Hiroto Saikawa, ce qui est, j’ai pu le constater ce mercredi, le désir unanime des actionnaires individuels présents comme des cadres que j’ai pu rencontrer, nombreux, avant l’AG de Renault. Remettre l’église au centre du village, vous ais-je dit !
VUL et Global access : deux énormes réussites.