⟵ Retour
Un maire veut faire inscrire le chant du coq au patrimoine national
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac (Gironde) : « On ne fait pas de l’écologie sans campagne. »
Dans une lettre ouverte adressée aux parlementaires, Bruno Dionis du Séjour, maire de Gajac, un village de 386 habitants situé en Gironde, s’est indigné que des actions en justice soient régulièrement lancées contre les bruits ruraux jugés trop gênants selon certains, comme le chant du coq, le clocher des églises ou le meuglement des vaches. Il propose que ces bruits soient inscrits au patrimoine national.
Bruno Dionis du Séjour rappelle qu’il n’est pas rare qu’aujourd’hui « les médias se fassent l’écho d’une décision de tribunal de grande instance signifiant le paiement d’une amende pour le propriétaire d’un animal jugé trop bruyant, ou l’arrêt de la sonnerie des matines dans un petit village de France soudain confronté à l’égocentrisme d’un de ses nouveaux concitoyens, d’origine urbaine la plupart du temps, et découvrant la campagne comme le sot découvre que les œufs ne se cueillent pas dans les arbres. Il serait bon que le bon sens soit rappelé à chacun d’entre nous et que le rythme de la campagne et des choses aussi riches que simples qui la composent soient protégés par notre Constitution.
Il y a des animaux à la campagne ? Oui, les Français qui vivent à la campagne ont souvent un métier nécessitant de posséder des animaux, les éleveurs notamment. Certains possèdent un jardin et un poulailler pour répondre aux besoins de leur alimentation. Il y a du bruit à la campagne ? Oui, parfois un tracteur est nécessaire pour cultiver la terre et parfois même le dimanche où, lorsque certains ont la chance de se reposer, d’autres n’ont d’autre choix que de travailler. Ça ne sent pas bon à la campagne ! La ville sent-elle toujours la rose ? Et la nuit, si vous levez les yeux au ciel, vous redécouvrirez l’immensité du monde que la pollution électrique urbaine et la lumière de vos smartphones vous font oublier. Le retour à la terre est une chance que peu de personnes peuvent s’octroyer. La campagne est un tout, qu’il faut savoir accepter dans son ensemble. Arrêtons de nous épuiser avec ces mesquines gesticulations procédurières qui semblent se multiplier un peu partout en France. Aussi nous demandons que le chant du coq, l’aboiement familier du chien, la cloche de l’église, le meuglement des vaches, le braiement de l’âne et le pépiement des oiseaux soient proclamés patrimoine national. Et qu’aucun procès ne puisse, à compter de ce jour, leur être intenté ! »
La démarche de Bruno Dionis du Séjour est déjà soutenue par plusieurs députés, comme Pierre Morel-A-L’Huissier (LR), qui a fait savoir qu’il a l’intention de « déposer une proposition de loi en ce sens sous forme de résolution d’ici à une dizaine de jours ».
L’Hebdo-Bourseplus : Dans certains villages, on a vu des citadins venir porter plainte contre le chant du coq : est-ce le motif qui vous a incité à proposer d’intégrer les bruits de la campagne au patrimoine national ?
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.