Gros plan sur un acteur majeur de la télémédecine en France.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Nathaniel Bern, cofondateur de Medadom : « 75 à 80 % des soins non programmés peuvent être résolus par une téléconsultation. »
C’est un sujet d’actualité : la télémédecine comme solution de secours aux déserts médicaux. Au 1er janvier 2018, la France comptait 226 000 médecins en activité. Toutefois, ce chiffre masque les inégalités d’accès aux soins. Selon l’Ordre des Médecins, Paris a perdu 25 % d’omnipraticiens entre 2010 et 2017, se plaçant ainsi sur le podium des départements avec les plus grandes déperditions de spécialistes. Alors que la lutte contre les déserts médicaux et le développement de la télémédecine s’inscrivent au cœur de la stratégie nationale de santé, Medadom se trouve dans la position idéale pour jouer un rôle clé dans cette évolution. Au-delà de l’application mobile qui permet de consulter le médecin depuis son domicile, Medadom est en train de tester des partenariats avec une dizaine de pharmacies de l’hexagone, notamment à Paris et dans sa région.
Le service proposé par Medadom apporte alors la solution à la problématique des déserts médicaux en France, dans la lignée de l’avenant 15 de la convention médicale, encourageant les pharmaciens à proposer de la téléconsultation au sein de leurs officines. L’idée est simple : grâce à un ordinateur placé dans une pharmacie, les patients ont accès en toute intimité à la téléconsultation. Medadom met également à leur disposition une vaste gamme d’objets connectés, comme un stéthoscope ou un otoscope. Lancée en 2017 par Charles Mimouni, Elie-Dan Mimouni et Nathaniel Bern, Medadom est une application web et mobile qui met en relation patients et professionnels de santé pour des visites à domicile et téléconsultations, dans les meilleurs délais. Plusieurs milliers de patients ont été pris en charge depuis le lancement et près de 200 professionnels de santé sont inscrits sur la plate-forme.
L’Hebdo-Bourseplus : Dans un récent rapport parlementaire sur les déserts médicaux, les députés regrettent l’attitude de la Sécurité sociale qui rembourse mal la télémédecine. Où en sommes-nous ?
Nathaniel Bern : Effectivement, il y a eu ce rapport sur les déserts médicaux qui indique que les choses ne sont pas encore très claires dans la loi et que le gouvernement ne va pas assez loin. Le gouvernement tablait sur 500 000 téléconsultations en 2019 et, après quatre mois d’efforts, seulement 8 000 téléconsultations sont à ce jour remboursées par la Sécurité sociale. Cela montre qu’il y a un différentiel entre ce que le gouvernement attendait et ce qui s’est vraiment fait. Le cadre légal, c’est l’avenant à la convention médicale qui statue sur les conditions de prise en charge d’un patient par téléconsultation. D’abord, la prise en charge se fait quand il s’agit d’un médecin traitant avec son propre patient, dans le cadre d’un suivi, ou lorsqu’il s’agit d’un médecin qui a vu le patient dans les 12 derniers mois, toujours dans le cadre d’un suivi, cela peut être un patient diabétique, ou un patient régulièrement suivi pour une maladie chronique ou une affection de longue durée. Cela peut également être un patient qui est orienté par un médecin chez un spécialiste en téléconsultation.
Tout cela relève du premier cadre. Un deuxième cadre, un peu plus flou, c’est celui du soin non programmé : sur le terrain, c’est le cadre le plus propice à la téléconsultation et c’est aussi celui qui résout le plus de problèmes. Il s’agit d’une personne qui a besoin d’un avis médical rapide, lorsqu’elle n’a pas de médecin traitant, ou lorsque son médecin traitant n’est pas disponible dans un délai compatible avec son état de santé. C’est le cas qui arrive le plus souvent, c’est ce qui permet d’éviter un passage aux urgences, c’est aussi ce qui permet de répondre aux soins non programmés des médecins généralistes. Le projet de loi santé est en train d’encadrer le télésoin, en donnant la possibilité à un tiers d’assister un patient ou de participer à une téléconsultation, avec un professionnel de santé à distance. Pour l’instant, on pose un cadre légal. Ensuite, les rémunérations seront établies quand il y aura deux professionnels de santé, l’un à côté du patient, l’autre à distance.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.