Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Le support s’est déplacé au niveau des 5.150 points.

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Le seuil technique de 5.200 points qui était jusque-là à surveiller pour nous (lire mon analyse de la semaine dernière) a bien été enfoncé à la baisse au cours des trois séances consécutives, du vendredi 31 mai au mardi 4 juin. Mais, parce qu’il y a un « mais », les trois clôtures de ces séances se sont terminées miraculeusement au-dessus ! Les faiseurs de marché (les fameux « Market Makers » en jargon boursier anglo-saxon) ne voulaient visiblement pas de cette cassure pour la clôture car elle aurait sûrement déclenché des ordres de ventes massives émanant des algorithmes boursiers et des gérants des « trakers » indiciels qui sévissent à travers le Monde. La spirale baissière n’a donc pas pris, du moins pour le moment, et heureusement. Ce rattrapage de dernière minute s’est d’abord déroulé outre-Atlantique après que le Dow Jones et le Nasdaq Composite ont cassé leurs supports majeurs respectifs de 25.200 points et 7.550 points en clôture de la séance du vendredi 31 mai. Les marchés sont-ils saufs pour autant et prêts à repartir joyeusement de l’avant ? Rien n’est moins sûr, surtout dans cet environnement exécrable marqué par la crise commerciale sino-américaine et où les analystes des banksters commencent à publier des projections anticipant l’entrée en récession au deuxième trimestre 2019. Sur le plan des politiques monétaires, les marchés anticipent déjà au moins trois baisses de taux cette année de la part de la Réserve Fédérale américaine, en raison des derniers chiffres publiés indiquant un fort ralentissement de la croissance.

Bien entendu, la guerre commerciale qui fait désormais rage sur le secteur stratégique du numérique et du digital joue également contre la croissance. Dans ces conditions, les marchés obligataires ont bénéficié d’afflux massifs de capitaux ce qui a encore poussé les rendements à la baisse. En France, les « OAT » à 10 ans ne rapportent guère plus que du 0,2 % annuels, soit même pas les frais de gestion ! Ne parlons pas de l’Allemagne ou la Suisse où ils sont carrément négatifs depuis belle lurette. Vus avec des lunettes de « long terme », les marchés boursiers semblent cependant plus ou moins plafonner sur une très large bande entre 5.050 et 5.650 points en ce qui concerne le Cac 40. Ce mouvement de yo-yo est alimenté par les flux provenant des marchés obligataires qui regorgent de capitaux de moins en moins satisfaits de leurs sorts. Pour le moment, les grands gérants semblent basculer en actions lorsque les indices reviennent dans la zone basse de ce corridor. Mais à terme, ils ne sont pas destinés à y rester éternellement en raison des risques inhérents aux actions. De l’autre côté, à force de se vider, les marchés obligataires peuvent connaître des trous d’air dans le futur sous forme de hausses brutales des taux sur certaines régions du Monde, comme l’Italie, l’Espagne voir la France ! Du point de vue technique, le nouveau support du marché parisien s’est déplacé au niveau des 5.150 points où les acheteurs semblent encore se manifester.

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