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Face à la confrontation USA-Chine, l’Europe est un nain politique.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives,
sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 7 juin 2019 (numéro 994) : “Casino-Rallye : les scenarii possibles ”. Bonne lecture !!!
L’actualité de la semaine, c’est la proposition du groupe Fiat-Chrysler (FCA), d’un mariage « entre égaux », avec le groupe Renault, par ailleurs principal actionnaire de Nissan-Mitsubishi (43,4 % de Nissan, lequel détient un tiers du capital de Mitsubishi). Dans la guerre économique qui n’est pas si froide que cela, et que veut mener Donald Trump face aux différents autres acteurs puissants du monde des échanges (Organisation mondiale du commerce, OCDE…), l’Europe est un nain politique, mais reste une grande puissance économique.
Cette grande puissance économique se remarque notamment dans l’industrie automobile, où, grâce à sa filiale Nissan, Renault occupe le premier rang mondial. Si Renault se marie avec FCA, sans même compter Nissan et Mitsubishi, cela donnerait naissance au troisième constructeur automobile mondial, les valorisations boursières sont faibles, mais les forces économiques sont énormes, puisque cela représenterait une entreprise de presque 160 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
L’Europe des géants industriels.
Comme je l’avais évoqué il y a très peu de temps de cela dans le bloc-notes, Renault, dans son face-à-face avec Nissan, dispose de plusieurs cartes, et la carte FCA n’est pas la moindre. Si Nissan ne veut pas se mêler de la fusion entre Renault et FCA, cela ne sera pas un vrai problème, puisque l’ensemble d’origine européenne, franco-italienne pour être précis, sera suffisant, avec des ventes annuelles proches de 9 millions de véhicules, pour disposer des économies d’échelle nécessaires afin de réaliser des plates-formes mondiales, afin de réaliser des fortes économies en faisant des achats en commun. Si jamais Nissan désire le divorce, cela aura un prix, et un coût énorme, puisqu’il faudra désintéresser Renault, et lui racheter ses 43,4 % du capital, une partie pourrait être éventuellement payée sous forme d’annulation des 15 % d’actions sans droit de vote détenues par Nissan dans Renault, qui ont une décote du fait de la privation de droit de vote et de dividende, la soulte, pour plus de 10 milliards d’euros, permettrait au nouveau groupe d’être fort d’un très gros trésor de guerre, FCA s’étant désendetté l’an dernier avec la vente de Magneti-Marelli, Renault disposant déjà d’environ 4 à 5 milliards d’euros de trésorerie nette positive.