Entretien avec le président du groupe Libertés et Territoires et rapporteur de la commission d’enquête sur les déserts médicaux.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Vigier, député UDI d’Eure-et-Loir : « Il y a une surcharge administrative de plus en plus importante pour les médecins et leur temps passé en actes médicaux a diminué. »

Philippe Vigier est député UDI d’Eure-et-Loir, président du groupe Libertés et Territoires à l’Assemblée nationale et rapporteur de la commission d’enquête sur les déserts médicaux. L’entretien qu’il nous a accordé permet de comprendre l’importance de ce problème et à quel point il devient urgent de trouver des solutions.


L’Hebdo-Bourseplus : Lorsque l’on évoquait les déserts médicaux il y a quelques années, cela semblait réservé aux endroits les plus reculés du centre de la France. Or, on s’aperçoit progressivement que, comme une toile d’araignée, c’est en fait tout le territoire national qui est concerné. Est-ce votre constat ?

Philippe Vigier : C’est toute la France qui est concernée. Même Paris, puisque dans le 19e ou dans le 20e arrondissement, il y a des déserts médicaux. Vous franchissez le périphérique et ce sont des déserts médicaux… En fait, ce ne sont pas tellement des déserts médicaux, mais des difficultés grandissantes d’accès aux soins, c’est encore plus grave. Et ce phénomène va malheureusement s’amplifier au cours des dix prochaines années.


On entend souvent des proches expliquer qu’ils doivent attendre plusieurs mois avant d’obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. Est-ce bien cette problématique ?

Malheureusement, on observe qu’il y a maintenant des temps d’attente pour chacune des spécialités médicales. Tout cela vient d’une absence de pilotage de la formation des professionnels de santé depuis une trentaine d’années. Tout le monde se réjouit du fait que le numerus clausus va être augmenté de 10 % en 2019, mais c’est de la rigolade, puisque nous formons 8 100 médecins cette année alors que nous en formions plus de 12 000 dans les années 70... Le problème majeur n’est pas tant le nombre de médecins, mais le nombre d’actes médicaux disponibles, parce qu’il y a une surcharge administrative de plus en plus importante pour les médecins et leur temps passé en actes médicaux a diminué sous l’effet de ces charges administratives, mais aussi en raison du souhait des jeunes médecins de ne plus travailler comme leurs prédécesseurs : c’est-à-dire 80 à 90 heures par semaine... Il y a aussi une très forte féminisation qui entraîne une sous-utilisation des diplômes. Tout cela nous amène à cette situation absolument dramatique. Je vous rappelle que dans le Grand débat, c’était la deuxième priorité des Français, mais le président a finalement été silencieux sur cette question.

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