Vallourec : l’année du retournement, enfin.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 24 mai 2019 (numéro 992) : “Le pétrole à 100 dollars le baril, c’est possible ?”. Bonne lecture !!!

Vallourec a toujours été une entreprise cyclique. C’est l’un des leaders mondiaux de la fabrication de tubes sans soudure en acier et de produits tubulaires spécifiques destinés à des applications industrielles. Dans l’Histoire, Vallourec a connu des hauts et des bas, parfois des bas particulièrement bas. Entre le début des années 2010, avec presque 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014, et le milieu, avec moins de 3 milliards en 2016, on voit bien que le trou d’air a été plus que conséquent, foudroyant même.

Vallourec, qui fait partie de l’industrie lourde, a obligatoirement des pertes énormes, lorsque cela va mal, car, dans ces circonstances, on provisionne par anticipation un grand nombre d’investissements, ce qui détruit le résultat opérationnel, et amène un résultat net tellement négatif que, au fur et à mesure des années, les fonds propres s’envolent, même si, dans les grandes années, il y a une très belle rentabilité, il faut savoir que l’on n’est pas à l’abri d’un nouveau cycle baissier, et que, au cumul, entre les pertes et les bénéfices, on arrive, sur quelques décennies, plus proche du point zéro que d’une marge forte.


Sur vingt ans, des hauts très hauts et des bas très bas.

Vallourec me fait penser à Carlos Tavares qui décrivait PSA, dans les vingt années l’ayant précédé, comme ayant, au cumul des pertes et des gains, gagné moins de 1 % de son chiffre d’affaires, ce qui était, et il avait raison, totalement inadmissible. Devant les actionnaires, sauf erreur de ma part c’était en 2017 ou en 2018, il expliquait que si l’entreprise avait des objectifs qui étaient peut-être jugés comme modestes, cette modestie lui allait très bien, puisque c’était quatre à cinq fois, au minimum, la marge moyenne constatée au cours des deux précédentes décennies. Les comptes de l’année 2018 ont amené une vraie correction, mais il ne faut pas oublier que, chez Vallourec, on a livré en 2018 des tubes qui ont été vendus en 2016 ou en 2017, puisque les contrats se signent sur une longue période. Le trou d’air constaté dans l’industrie pétrolière a coûté horriblement cher au groupe Vallourec. Il a fallu restructurer, et la restructuration, bien évidemment, dans un premier temps, c’est un coût. Sur son site Internet, le groupe indique, en claironnant, que « la tendance s’inverse », grosso modo, tout va mieux. Ce n’est pas si faux.


Le groupe s’est vraiment transformé.

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