La société française en pointe dans l’authentification des consommateurs sur Internet lève 10 millions de dollars.

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jérémy Dallois, fondateur de ReachFive : « Avec nos prospects et nos clients, nous parlons beaucoup de l’idée d’un référentiel identitaire unique sur Internet. »

Souvent, pour vous authentifier sur un site Internet, l’opérateur propose de partager votre identifiant sur les réseaux sociaux afin de vous éviter de créer un compte. Cette technologie dite de Customer Identity & Access Management est maîtrisée par une entreprise française, ReachFive, qui vient de lever 10 millions de dollars. Concrètement, ReachFive aide les marques à simplifier le processus d’authentification de leurs consommateurs, en fournissant une identité client unifiée et sécurisée, pour enrichir le profil des clients, accroître l’engagement et améliorer considérablement l’expérience utilisateur. Avec sa plate-forme Identity-as-a-Service, ReachFive peut collecter et gérer toutes sortes d’informations clients, quels que soient les points de contact. L’approche de la start-up a su convaincre de nombreux acteurs de premier plan dans tous les secteurs d’activité : BUT, Boulanger, Etam, L’Occitane, Hachette, Compagnie des Alpes, Lapeyre, Engie, Micromania, Vertbaudet ou La Redoute...


L’Hebdo-Bourseplus : Il y a deux ans, vous aviez noté un décalage entre les attentes des entreprises et la réalité du marché de l’exploitation des données. Or, les technophiles sont à présent un peu plus enclins à partager leurs données avec une marque. Le débat autour de l’exploitation des données suscite-t-il encore de l’inquiétude ?

Jérémy Dallois : Depuis deux ans, il y a eu beaucoup d’articles dans la presse qui ont renforcé l’attitude attentive et méfiante des consommateurs sur l’usage des données. Les gens font de plus en plus attention à ce sujet et des entreprises ont fait l’objet de mises en demeure par la CNIL parce qu’elles ne respectaient pas les standards de collecte des consentements.Tout cela veut dire que les consommateurs s’informent de plus en plus. Dans ce contexte, ils sont plus attentifs à l’usage que l’on peut faire de leurs données et, évidemment, les entreprises ont dû s’adapter en utilisant de nouvelles technologies pour changer leurs modalités de collecte des données pour être plus bienveillantes. Il y a eu beaucoup d’efforts de la part des entreprises qui ont fait le choix d’arrêter de travailler avec des solutions qui étaient peut-être trop intrusives. Les entreprises cherchent des moyens pour continuer de collecter des données, afin de mieux connaître leurs clients, puisque cela reste l’un des enjeux prioritaires des marques. Aujourd’hui, la clé des affaires, c’est évidemment la connaissance des clients. Seulement, les règles du jeu ne sont plus les mêmes et les adaptations se font progressivement dans le temps.


Est-il nécessaire de connaître à fond le client puisque, quand il a besoin de quelque chose, il est suffisamment mature pour s’informer et choisir le bon produit ? Si je suis un marchand d’oranges, ce n’est pas en interpellant quelqu’un au coin de la rue que je vais réussir à lui en vendre, s’il n’en a pas envie…

Ce n’est pas aussi manichéen que cela. Je vais rester sur votre exemple des oranges. Il y a de nombreux types d’oranges, il y a une trentaine de variétés, avec des oranges bio, des oranges produites en France, d’autres en Espagne ou ailleurs, et les consommateurs sont tous très différents. Évidemment qu’il est important de bien connaître les consommateurs pour une marque ! Un consommateur peut être regardant sur l’origine du produit et, si je lui propose un mauvais produit, il se désintéressera de la marque. Un consommateur peut vouloir exclusivement des oranges bio, sans se soucier qu’elles soient françaises ou espagnoles... Donc, un distributeur doit bien connaître ses clients pour mieux les cibler et, en se trompant, il peut mettre à mal son image. En effet, si l’entreprise propose à ce même consommateur une orange qui n’est pas bio et qui vient du Brésil, elle aura une mauvaise image auprès de ce même consommateur.

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