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Un village se mobilise pour la reconstruction de son église.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Pascal Neel, maire de Parisot (Tarn) : « Nous nous sommes posé exactement les mêmes questions que pour Notre-Dame de Paris. »
En 2002, le conseil municipal de Parisot avait pris la décision de démolir l’église locale, qui avait dû être fermée pour des raisons de sécurité. Toutefois, au même moment, les élus de ce village du Tarn avaient acté un projet de reconstruction si des donations permettaient de financer une nouvelle église. Un villageois avait alors promis de léguer sa fortune pour aller au bout de ce projet. Or, aujourd’hui, l’idée de reconstruire l’église est relancée. Cela faisait plusieurs semaines que le maire avait annoncé qu’une réunion publique se déroulerait le 19 avril et, hasard du calendrier, les villageois de Parisot se sont rencontrés la semaine de l’incendie de Notre-Dame de Paris pour débattre de la reconstruction de l’église de Parisot, qui signifie « petit Paris » en patois local.
L’Hebdo-Bourseplus : Pouvez-vous nous rappeler l’historique de la destruction et du projet de reconstruction de l’église de Parisot ?
Pascal Neel : L’église était fermée depuis dix ans, après un passage de la commission de sécurité, car Monsieur le Curé avait fait remarquer à l’ancien maire qu’il y avait des fentes de plus en plus grandes à l’intérieur du bâtiment et mon prédécesseur avait fait passer la commission départementale de sécurité, qui avait alors décidé de fermer l’église. Ensuite, la mairie a fait faire des devis de consolidation qui étaient très onéreux et, en plus, les entreprises ne pouvaient pas apporter de garantie décennale. Quand j’ai été élu, en 2001, avec mon équipe, nous avions clairement inscrit deux éléments importants d’investissements : d’abord, la construction d’une école, parce que l’école du village était dispersée, cela ne pouvait pas durer, et il fallait aussi prendre une décision pour l’avenir de l’église, parce que le clocher menaçait de s’effondrer sur les maisons avoisinantes.
Donc, soit il fallait trouver une entreprise capable de faire une consolidation, soit il fallait démolir l’église. Et, comme aucune entreprise n’a pu s’engager sur une consolidation définitive, nous avons opté pour la démolition de l’église. En 2001, les devis tournaient autour de 600 000 euros, sans garantie décennale, et nous avons donc décidé de démolir l’église le 17 juillet 2002. Le jour de la démolition était un événement douloureux pour la population. On parle aujourd’hui de Notre-Dame de Paris, or la démolition de notre église n’était pas un événement international, mais le ressenti était proportionnellement du même ordre, parce qu’il y a tout un tas d’événements familiaux liés à l’église.
Ce qui a aussi contribué à notre décision, c’est que l’architecte qui avait créé cette église en avait construit deux autres dans des villages avoisinants, or ces deux autres églises se sont effondrées, dont l’une en provoquant des victimes. C’était un architecte qui, à l’époque, avait reproduit ses erreurs de conception, avec des clochers beaucoup trop hauts par rapport aux fondations qu’il avait mises en place. Le jour de la démolition, une personne m’a dit : « Je peux vous aider dans la reconstruction de l’église ». Ce monsieur a proposé de faire un testament pour donner sa fortune à la commune afin de nous permettre de reconstruire l’église. Il est décédé il y a trois ans et, depuis, nous avons travaillé avec une commission sur la reconstruction, mais aussi sur les futurs usages en raison de la désaffection de la pratique religieuse. Comment un monument sacré peut-il être utilisé, à travers l’organisation de concerts ou de conférences, tout en respectant le lieu ? L’idée était aussi que l’espace public du bâtiment puisse contribuer à faire vivre l’extérieur, notamment pour des manifestations sur la place.