⟵ Retour
L’intelligence artificielle et la santé : une analyse du député Cédric Villani et du professeur Bernard Nordlinger.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Bernard Nordlinger : « On ne peut pas se faire traiter par un ordinateur, parce qu’il faut des qualités humaines spécifiques. »
Le professeur Bernard Nordlinger vient de publier, avec le mathématicien Cédric Villani, député de l’Essonne, un ouvrage intitulé : « Santé et intelligence artificielle ». Bernard Nordlinger est chirurgien chercheur. Ce cancérologue de renommée mondiale travaille sur des essais thérapeutiques pour améliorer le traitement des cancers. Il est membre de l’Académie nationale de médecine et il a notamment dirigé le service de chirurgie digestive générale et oncologique à l’hôpital Ambroise Paré. « Santé et intelligence artificielle » de Bernard Nordlinger et Cédric Villani est publié chez CNRS Éditions.
L’Hebdo-Bourseplus : L’intelligence artificielle est-elle en mesure de soigner quelqu’un ? La réponse pourrait être oui, s’il s’agissait réellement d’une intelligence, mais comme c’est un système qui s’alimente simplement de données, elle n’est pas censée pouvoir exercer la fonction de médecin. Est-ce votre conclusion ?
Bernard Nordlinger : Nous avons une approche raisonnable qui consiste à aller à contre-pied de certains fantasmes qui circulent dans les médias, parce que cela fait peur. Mais si l’on veut que les gens se saisissent de cela, il faut un climat de confiance, donc il faut expliquer. L’intelligence artificielle n’est pas un bon nom. C’est un nom qui a été donné dans les années 50 par des mathématiciens qui ont commencé à fabriquer des ordinateurs et qui se sont dit que le meilleur exemple était de prendre le cerveau humain. Donc, ils ont utilisé ce terme.
Mais c’est un terme qui fait peur. L’intelligence artificielle, c’est un mode de calcul, qui est rapide, logique et renseigné par le passé dans un domaine précis, mais il ne va pas voir à côté. L’ordinateur n’a pas de bon sens, il n’a pas d’empathie, il n’a pas les qualités que l’on demande à un médecin. L’intelligence humaine n’a rien à voir, parce qu’il faut une partie logique mais il faut aussi de l’empathie, particulièrement quand on est médecin, il faut aussi une part d’instinct, il y a toute une zone qui n’est pas mesurable dans le cerveau, notamment le bon sens. Pour avoir formé un certain nombre de chirurgiens dans ma carrière, la qualité essentielle que l’on demande à un jeune chirurgien ou à un jeune médecin, c’est du bon sens. Tout cela n’existe pas dans l’intelligence artificielle.
Lorsque vous faites un diagnostic, cela peut se baser sur la connaissance, l’expérience, le toucher, le regard… Un ordinateur est-il capable de prendre en compte ces paramètres ?
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.