Quels enseignements politiques tirer de l’incendie de Notre-Dame de Paris ?

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Frédéric Poisson, président du Parti Chrétien-Démocrate : « Ceux qui pensent que la France est foutue se trompent et ils en ont eu la démonstration la semaine dernière. »

Jean-Frédéric Poisson est président du Parti Chrétien-Démocrate. Il a notamment été maire de Rambouillet et député des Yvelines.


L’Hebdo-Bourseplus : Dans un pays que l’on disait déchristianisé et où les églises se vident, il y a eu un élan formidable en faveur de Notre-Dame de Paris. Comment analysez-vous cela ?

Jean-Frédéric Poisson : Beaucoup de Français ont le sentiment que Notre-Dame est un symbole universel d’appartenance à la communauté nationale. Ce sentiment est réel, il est partagé, même si, souvent, cela ne dépasse pas le stade d’un sentiment, car il faudra voir dans le futur ce qui restera de cette émotion collective. En tout cas, elle s’est manifestée de manière spectaculaire et très dense, à tous les échelons et dans tous les endroits de la société. Les Français ont peut-être redécouvert à cette occasion que leurs racines plongent dans des endroits dont ils ont oublié à la fois la nature, le sens et le côté symbolique de Notre-Dame de Paris, qui est la paroisse de tous les chrétiens du monde en réalité, et la paroisse de tous les Français, évidemment. Ensuite, je ne peux pas m’empêcher de voir dans cet incendie de la cathédrale de Paris une forme de récapitulation de tous les actes de profanation que toutes les églises et cimetières de France subissent trois fois par jour, puisque l’on parle de plus de mille actes de profanation perpétrés contre des lieux de culte, ou des lieux de mémoire chrétiens en 2018 !

C’est comme si Notre-Dame de Paris, en brûlant, avait rappelé à son corps défendant à tous les Français que le patrimoine chrétien est attaqué plusieurs fois par jour, dans un pays fondamentalement chrétien. Et il y a là une charge symbolique qui est extrêmement pesante. Ensuite, il y a un côté extrêmement spectaculaire, au sens du mauvais spectacle, au sens de la société du spectacle : c’est-à-dire des choses inhabituelles qui mettent en jeu l’attachement que l’on a à sa propre histoire, à ses monuments, l’admiration que l’on a pour les soldats du feu qui se sont dévoués pour sauver ce qui pouvait l’être. Nous avons vécu aussi un moment très particulier d’émotion collective. C’est très différent de ce que nous avons vécu il y a un an au moment de la Coupe du monde de football, c’était un autre grand moment d’émotion, pour des raisons d’une tout autre nature. Mais quand je vois cela, je me dis que le sentiment collectif n’est pas mort. Donc, ceux qui pensent que la France est foutue se trompent et ils en ont eu la démonstration la semaine dernière.


Peut-on craindre que ce mouvement ne reste éphémère, comme dans une chaîne d’information continue où l’on passe très vite à autre chose ? Sinon, comment les Français peuvent-ils se réapproprier ce sentiment collectif sur le plan politique ?

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