⟵ Retour
Gros plan sur un maire qui a du caractère !
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Jacques Rouch, maire de Thuès-entre-Valls (Pyrénées-Orientales) : « Je me suis battu toute la vie avec mon argent et mon courage. »
C’est par la presse locale que l’on a appris que Jean-Jacques Rouch, maire de Thuès-entre-Valls, avait gagné son bras de fer contre la SNCF, car il refusait de payer une facture que son village ne pouvait pas supporter. L’affrontement a duré dix ans entre la SNCF et cette commune de 35 habitants. Le caractère bien trempé de Jean-Jacques Rouch lui a permis d’obtenir gain de cause. C’est donc l’occasion de mieux connaître cet élu qui invite tous les lecteurs à venir découvrir les Gorges de la Carança, un site magnifique.
L’Hebdo-Bourseplus : La presse locale fait état du bras de fer que vous avez remporté contre la SNCF, qui voulait vous contraindre à payer des travaux. Vous avez résisté et vous avez finalement obtenu satisfaction… Qu’en est-il ?
Jean-Jacques Rouch : J’ai un accord avec la SNCF avec une clause de confidentialité, donc je ne peux pas évoquer le fond. Je peux simplement dire ce que tout le monde sait : j’ai fait appel de la condamnation, parce que j’ai d’abord été condamné par le tribunal de Perpignan à payer la somme. Je n’ai pas accepté et j’ai décidé d’aller en cassation. J’ai même harcelé la SNCF pendant dix ans… À l’origine, j’avais protesté, tout le monde le sait aussi, parce qu’ils ont fait des travaux sans me le dire. Ils ont fait leurs propres devis, l’assurance a payé 50 000 euros et ils voulaient me faire payer 70 000 euros de travaux, de leur propre initiative, sans me consulter. À partir de là, j’ai protesté et j’ai décidé d’aller jusqu’au bout.
Il faut être costaud psychologiquement, lorsque l’on est un élu rural, pour taper ainsi du poing sur la table…
J’ai eu une réunion avec les 40 maires de ma communauté de communes. Nous avons Jean Castex, qui est au gouvernement maintenant et qui s’occupe des Jeux olympiques, et la plupart des maires sont des fonctionnaires de l’État, à l’exception de Jean Lassalle. Je n’ai rien contre eux, mais ils ne savent pas se battre. Ils disent amen et merci. Moi, je me suis battu toute la vie avec mon argent et mon courage, donc je n’ai peur de personne. J’ai même été jusqu’à leur dire : « Si vous voulez m’arrêter, il faut me tuer ! » Moi, j’ai l’habitude de me battre. J’ai eu 100 ouvriers et j’ai dû me lever tous les matins. Il y a de quoi écrire un livre avec ma vie… Un jour, j’ai dit au sénateur et au sous-préfet que nous étions comme en Colombie, alors :« Tuez-moi ou laissez-moi tranquille ». Il y a un proverbe espagnol qui dit : « Je ne suis contre personne, alors que personne ne se mette contre moi ! »
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.