Une nouvelle approche du viager : la mutualisation.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Éric Guillaume, fondateur de Virage-Viager : « En enlevant la rente versée par l’acheteur, on enlève le pari sur la mort et on enlève la morbidité du sujet du viager. »

Gros plan sur une nouvelle forme de viager : le viager mutualisé. Virage-Viager a été fondé par une équipe de gestionnaires de caisses de retraite impliqués dans cette problématique depuis 25 ans. L’entreprise dispose des habilitations nécessaires à la négociation d’acquisitions et à la cession de biens sur le marché immobilier. Virage-Viager met en lien des investisseurs institutionnels avec des vendeurs retraités, grâce à un réseau d’agences exclusives et indépendantes, Soluvia, qui sont à proximité du domicile du retraité et qui sont en mesure d’analyser la situation, les besoins, les problématiques sociales et de transmission, et de proposer des solutions concrètes pour assurer un mieux vivre à domicile.

En janvier dernier, Virage-Viager a annoncé l’entrée dans son capital de Préfon (Caisse Nationale de Prévoyance de la Fonction publique). Éric Guillaume, fondateur de Virage-Viager, souligne que « l’expérience sur l’épargne et la retraite, l’excellente réputation ainsi que l’envergure de Préfon et de ses partenaires privilégiés, tant en distribution qu’en gestion, apportent un vrai plus à la croissance de Virage-Viager au bénéfice des seniors ».


L’Hebdo-Bourseplus : Tout le monde sait ce que signifie le viager, mais qu’est-ce que le viager mutualisé ?

Éric Guillaume : Nous avons introduit deux éléments radicalement différents du viager traditionnel. D’abord, l’acheteur individuel est devenu un acheteur institutionnel. Cela veut dire qu’au lieu d’avoir un contact entre deux personnes physiques, nous avons désormais un contact entre une personne retraitée qui vend son bien et un institutionnel, une caisse de retraite, une mutuelle, ou une compagnie d’assurances : c’est-à-dire une personne morale qui, à travers un véhicule comme une SCI, une Sicav ou une SAS, gère des actifs immobiliers pour un institutionnel. Le retraité est en contact avec un institutionnel et non plus avec un particulier. Donc, la notion de sécurisation est beaucoup plus forte. Le deuxième changement majeur est que nous enlevons la rente en raison du changement de la nature de l’acheteur.

Sur le plan juridique, c’est un démembrement de propriété et le retraité dispose d’un droit d’usage à vie. Donc, en enlevant la rente versée par l’acheteur, on enlève le pari sur la mort et on enlève la morbidité du sujet du viager. Tout cela entraîne des conséquences importantes. L’institutionnel sait tout de suite ce que cela va lui coûter, il ne prend pas de risque de longévité et il n’a pas de risque d’image car si, à un moment, quelque chose ne va pas dans le process, on ne peut pas lui reprocher d’avoir parié sur la mort de la personne, puisqu’il a payé dès le départ la valeur intrinsèque du bien en payant la valeur occupée. Le retraité bénéficie d’un droit d’usage à vie, comme si c’était un viager, mais il a un acheteur tout de suite, qui paie tout de suite et qui a les moyens de payer les taxes foncières ou le renouvellement de la chaudière. C’est-à-dire qui a une capacité financière qui n’a rien à voir avec celle d’un particulier, même de bonne foi.

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