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Une députée hors-sol qui a bien compris les attentes des Français
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Anne Genetet, députée LREM : « Nous avons un pays exceptionnel et extraordinaire, et notre capacité de rébellion fait partie de notre richesse. »
On se plaint souvent d’avoir une classe politique hors-sol, mais ce n’est pas toujours le cas. Anne Genetet est une députée hors-sol, au sens premier du terme, puisqu’elle habite en Asie. Elle représente à l’Assemblée nationale les Français établis hors de France. Médecin de profession, elle revendique un sens aigu de l’écoute des autres. Anne Genetet, analyse pour nous la restitution du Grand débat national.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes une élue hors-sol, au sens propre du terme, puisque vous vivez à l’étranger. Mais à l’issue du Grand débat, vous vous êtes penchée sur les fractures françaises : la principale est-elle que nous sommes dans un pays où les gens ne s’aiment plus ?
Anne Genetet : C’est un sujet intéressant. Je me sens malgré tout hors-sol, c’est-à-dire déconnectée, car il y a des choses que je découvre encore tous les jours dans le fonctionnement de mon pays, mais, par mon caractère et mon parcours, j’aime bien m’intéresser aux autres et comprendre comment ils fonctionnent. Finalement, est-ce que l’on a besoin d’être un ouvrier pour comprendre la vie d’un ouvrier ? Est-ce que l’on a besoin d’être une infirmière pour comprendre la vie d’une infirmière ? C’est un vrai sujet. J’étais dans un schéma de prudence, en me disant que je ne pouvais pas dire grand-chose de leurs vies. Mais, finalement, quand on a cette envie d’écouter les autres, de comprendre comment ils vivent, nous sommes capables d’être à l’écoute et c’est ce que nous devons faire. En tant que médecin, je n’ai pas le choix : si je veux que mon patient ait un bon traitement, je dois être en mesure de lui faire comprendre l’offre que je mets à sa disposition. Il a une boîte à outils, il doit piocher dedans pour se guérir et ce n’est pas moi qui vais le guérir.
Dans le fonctionnement du pays, c’est peut-être la même chose. En tant qu’élus, nous mettons des outils à la disposition des gens, mais nous devons être certains qu’ils comprennent ce que nous leur proposons, avec des concepts et des mots qui soient à la portée de tout le monde. Et, ensuite, ils vont piocher… Si les gens ne viennent pas piocher, c’est peut-être parce que je n’ai pas fait ce qu’il fallait, ou peut-être parce que je n’ai pas été capable de comprendre ce qu’ils attendaient. L’époque où les élus viennent se présenter tous les cinq ans aux électeurs et où il ne se passe plus rien dans l’intervalle, c’est terminé. C’est une aberration. Si je faisais cela avec mes patients, je ne soignerais personne… En plus, j’ai tellement peur d’être déconnectée que, dès que je rentre en France, j’ai toujours le souci d’aller discuter avec les gens qui m’entourent. Cela peut être un professeur, un gardien d’immeuble, le portier ou le manager d’un hôtel… Je suis partie il y a 14 ans et j’essaie toujours de comprendre ce qu’est devenu mon pays.
On nous dit souvent qu’il n’y a qu’en France que ce sentiment de lutte des classes soit aussi exacerbé. Quelle vision avez-vous de notre pays ?
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