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Air Liquide : l’eldorado des piles à combustibles est-il prometteur ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 19 avril 2019 (numéro 987) : “Faurecia s’installe de nouveau sur un quatrième métier”. Bonne lecture !!!
Air Liquide : les nouveaux débouchés -avec l’hydrogène- sont-ils porteurs de croissance ? Benoît Potier, PDG d’Air Liquide, n’est que le quatrième depuis la création de l’entreprise par Georges Claude, un inventeur de très grandes qualités. Il s’inscrit dans la suite d’Edouard de Royère, qui développa l’entreprise de façon formidable, par de la croissance tant externe qu’interne. La société Air Liquide avait inquiété le marché, il y a quelques années de cela, lorsqu’elle a présenté son projet de racheter le groupe américain AirGas.
Cela fut, pour nos lecteurs, une occasion d’entrer sur le dossier, entre 78 et 85 euros, un bon prix ! Depuis, malgré des attributions gratuites qui ont entraîné une augmentation du nombre d’actions en circulation, le titre Air Liquide a repris son avantage, et il n’est pas loin de son plus haut historique, à 116,55 euros ce mercredi, pour un plus haut historique à 117 euros, ce qui est tout à fait mérité. En effet, les comptes de 2018 sont brillants et confirment à 100 % ce qui avait été annoncé au moment du rachat d’AirGas. Les chiffres de la croissance de l’activité sont spectaculaires, à l’échelle d’Air Liquide, puisque le chiffre d’affaires a augmenté de 6,1 % à taux de change et à périmètre constant.
Santé, électronique, industrie : les gaz sont partout.
Le groupe Air Liquide, comme ses concurrents notamment l’allemand Linde, fournit des gaz pour les services hospitaliers (notamment l’oxygène), mais surtout, pour la majorité du chiffre d’affaires, pour les secteurs industriels, qu’il s’agisse des aciéries, de la chimie, de l’industrie pétroléo-gazière, ou qu’il s’agisse du BTP (lorsque l’on fait des soudures…), ou d’autres débouchés. Si les marchés d’Air Liquide ont été bien orientés en 2018, il ne faut pas oublier que l’entreprise a sorti des résultats meilleurs que ce qui était prévu, meilleurs que pour le marché en général. Le groupe Air Liquide continue sa politique de distribution correcte, mais n’oublie pas son programme de désendettement, la dette nette a reculé de 836 millions d’euros en 2018, pour tomber à seulement 69 % des fonds propres. Si le chiffre d’affaires a progressé de 6,1 % hors effet de change, le résultat net a progressé, toujours hors effet négatif des taux de change, de 8,7 %. La diversification nord-américaine a eu un impact négatif provisoire, puisque le taux de change de l’euro face au dollar s’est dégradé du fait d’une hausse de l’euro en 2018, une hausse qui est aujourd’hui annulée, puisque l’on est, au début du deuxième trimestre de 2019, à des parités entre l’euro et le dollar qui sont inférieures à la parité moyenne constatée en 2017. Il est vraisemblable que, sur l’exercice 2019, l’effet de change sera positif.
L’actionnaire individuel est choyé.