Les professionnels du patrimoine dénoncent un procès injuste fait au secteur immobilier.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Jacques Olivié, président de l’ANACOFI Immo : « Aujourd’hui, dans l’immobilier, nous avons une politique fiscale confiscatoire qui est un peu éludée par les taux d’intérêt, mais cela reste très fragile. »

L’ANACOFI est la première instance française de représentation des conseils en gestion de patrimoine, conseils en haut de bilan et autres ingénieurs sociaux, mais aussi des courtiers, essentiellement en assurance-vie. Dans l’entretien qu’il vient de nous accorder, Jean-Jacques Olivié, président de l’ANACOFI Immo, exprime son mécontentement à l’égard de la politique du gouvernement dans le domaine de l’immobilier.


L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi pensez-vous que l’immobilier est le secteur mal-aimé des pouvoirs publics depuis quelques années ?

Jean-Jacques Olivié : Surtout depuis deux ans ! Cela a commencé pendant la campagne présidentielle avec la problématique de l’immobilier de rente, au prétexte que l’immobilier ne rapportait rien à l’économie. Quand il était question de faire un arbitrage sur la transformation de l’ISF, on a opposé l’IFI aux produits financiers, en expliquant que l’immobilier pouvait rester dans le giron de l’ISF parce que cela ne rapportait rien. 2018 a été une bonne année pour l’immobilier et l’on voit bien que cela redonne de l’appétit au gouvernement. Dans le cadre du Grand débat, on évoque la possibilité de revoir les plus-values ou d’agrandir l’assiette de l’IFI. Finalement, chaque fois que possible, on se met à taxer l’immobilier et l’on agite l’épouvantail de la rente !

Il faut faire très attention parce que, contrairement à d’autres pays, on voit bien que l’immobilier est une partie essentielle de notre économie. On ne parle que de tourisme en nous expliquant que la France est un grand pays touristique, on fait tout pour sauver le tourisme, alors qu’il ne représente que 7 %. L’immobilier a une part prépondérante dans notre système, c’est historique. Il faut faire très attention à ce que l’on dit. Il est aussi question de s’attaquer aux niches fiscales et de remettre en question le dispositif Pinel. Ce qui me gêne, c’est que, bien souvent, tous ces discours sont posés par un manque d’éclairage. Je ne dis pas que les pouvoirs publics veulent mal faire, l’enfer est pavé de bonnes intentions, mais souvent on est sur des principes qui correspondent peut-être aux années des 30 Glorieuses, c’est-à-dire à une époque où l’inflation était très élevée et où les gens avaient du cash. Mais nous ne sommes plus à cette époque ! Si vous prenez le rapport de l’OCDE de 2015, on nous explique que la compétitivité des pays passera par la compétitivité des métropoles régionales, par le développement des infrastructures et ce développement des infrastructures passe par le développement de l’immobilier. Il ne faut pas oublier que l’on finance les infrastructures grâce à l’immobilier.

Donc, il faut arrêter de pointer le doigt sur l’immobilier, car c’est un secteur, comme pour le reste de l’économie, qui se développe essentiellement sur la confiance. Il faut se réjouir que, malgré la fiscalité, on continue à avoir des Français qui investissent dans l’immobilier pour leur retraite, cela veut dire qu’ils ont confiance dans l’économie française. Mais attention, il y a de plus en plus de Français qui investissent leur argent dans l’immobilier, mais à l’étranger ! La démarche de l’ANACOFI est de faire de la pédagogie. L’année dernière, lorsque le gouvernement a décidé de plafonner la rémunération des distributeurs dans le cadre des ventes Pinel, nous avons prévenu qu’il s’agissait d’une atteinte à un écosystème. Nous sommes tous d’accord pour lutter contre les abus et ce n’est pas nous qui sommes dans une activité réglementée qui dirons le contraire.

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