Immobilier : la fuite en avant accélère.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 5 avril 2019 (numéro 985) : “Automobile : la concentration obligée”. Bonne lecture !!!

On a l’impression que c’est presque psychologique. Devant les effarantes dettes publiques, qui représentent dans le monde 63.000 milliards de dollars, dont 10.000 milliards de dollars en Europe et 2.650 milliards de dollars en France, pour utiliser la monnaie la plus répandue pour les comparaisons internationales, les particuliers angoissent, et ils cherchent à transformer leurs liquidités, au moins en partie, dans un bien réel. Selon Notaires de France, en 2018, il y a eu un record historique de 956.000 ventes immobilières dans l’ancien. L’extrême faiblesse des taux d’intérêt fait que, pour les Français qui ne sont pas déjà propriétaires de leur résidence principale, l’heure ressemble davantage à une sorte de « ruée ».

Non seulement il y a des foyers venant chercher un logement principal, leur habitation, ce qui est tout à fait compréhensible, mais il y a également des investisseurs, parfois jeunes, qui cherchent à investir dans le locatif. Là, c’est un peu bizarre, vu que l’immobilier est surtaxé, et que ce n’est pas près de diminuer, surtout avec l’instauration de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Il faut faire attention, la demande se concentre, surtout dans le locatif, sur des villes telles que Paris, Toulouse, Lyon ou encore Nantes. Il y a un peu de demandes dans d’autres grandes villes telles que Rouen, Lille, Strasbourg, Rennes et Marseille, ceci dit, ailleurs, c’est le désert ou presque.


De Paris à Saint-Etienne, un rapport de 1 à 7,5 sur les prix au m2.

Avec 250.000 euros, on ne peut acheter que 24 m² à Paris, on achètera trois fois plus à Lille (75m²), cinq fois plus au Havre (125m²). A Bordeaux, ville ultra-chère du fait que l’ancien maire Alain Juppé a viré les pauvres et les classes moyennes en augmentant de façon spectaculaire les impôts (son savoir-faire particulier), avec 250.000 euros, il n’est plus possible que d’avoir 50m² environ, Bordeaux est plus cher que Nice, c’est dire, le soleil en moins. Avec 250.000 euros, on récupère entre 53 et 56m² à Lyon, ville qui est une grande métropole, proche de Genève, proche des pistes de ski, et pas très éloignée de la Méditerranée non plus. La même somme permet d’obtenir entre 75 et 78m² à Toulouse, 80m² à Montpellier, 82m² à Marseille, 105 à 110m² à Toulon. Le point bas de la valeur immobilière, c’est à Saint-Etienne qu’on le trouve, puisque, pour 250.000 euros environ, il est possible de trouver un logement très vaste, entre 180 et 200m². La ville de Paris est montée à environ 10.000 euros du mètre carré en moyenne, cela vient à la fois de la politique immobilière de la ville (qui achète des immeubles complets via ses organismes HLM), et qui raréfie l’offre disponible, et l’arrivée de brexiters, qui viennent de Londres, et qui s’installent à Paris en disposant de budgets élevés, ayant vendu à Londres un bien encore plus cher que les prix parisiens.


Le Brexit met la pression sur Paris.

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