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Comprendre le marché de la LOA dans l’immobilier.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Baptiste Massif, président et fondateur de Quasiaqui : « C’est la loi de 1984 sur la location-accession, qui est utilisée par les bailleurs sociaux, qui nous a inspirés. »
Nous abordons un sujet passionnant, parce qu’encore méconnu, celui de la location avec option d’achat dans l’immobilier. Pour acheter une voiture neuve, les Français utilisent de plus en plus la location avec option d’achat (LOA). Or, Quasiaqui a l’ambition d’adapter ce mode de financement au marché de l’immobilier. L’entreprise, basée à Rouen, a développé une plate-forme pour mettre en relation des propriétaires ou des professionnels de l’immobilier avec des particuliers qui sont prêts à sauter le pas de la LOA. Le principe est quasi identique à celui de l’automobile : le vendeur reste propriétaire du bien qu’il met en location avec une option d’achat. À la fin de la période de location, l’occupant peut décider de lever l’option, c’est-à-dire d’acheter l’appartement ou la maison qu’il occupe.
Si tel est le cas, une partie des loyers versés vient en déduction du prix de vente qui a été fixé au début du contrat. Si le locataire décide de ne pas acheter, ces sommes sont restituées, déduction faite de 2% de pénalités plus des frais liés à d’éventuelles dégradations du bien ou au non-paiement des charges. Jean-Baptiste Massif, président et fondateur de Quasiaqui, indique que 300 à 400 transactions de ce type sont réalisées chaque année. Quasiaqui revendique 10 000 visiteurs mensuels sur son site Internet, 3000 personnes inscrites, ainsi qu’une centaine d’agents immobiliers référencés. Le service est entièrement gratuit pour le vendeur particulier qui dépose une annonce.
L’Hebdo-Bourseplus : L’idée de faire de la LOA (Location avec option d’achat) sur le marché de l’immobilier n’est pas du tout connue du grand public. Comment cela se concrétise-t-il ?
Jean-Baptiste Massif : C’est quelque chose qui n’est pas encore connu. J’ai eu cette idée en déjeunant avec un associé qui est dans le secteur de l’immobilier professionnel. En tant qu’ancien banquier et assureur, je voulais amener une nouvelle manière de consommer l’immobilier au sein d’une économie qui change en termes de perception de la consommation, puisque tout se consomme en LOA aujourd’hui. L’année dernière, on parlait même de literie et de chaussures ! Alors, pourquoi ne pas le faire dans l’immobilier ? Il fallait isoler deux problématiques différentes, celle de l’acheteur et celle du vendeur, pour avoir un marché équilibré. Pour la partie acheteur, la volonté est de consommer différemment l’immobilier, notamment pour des contraintes de mobilité professionnelle et pour tester son bien avant de l’acheter.
Mais il y a aussi une vraie problématique liée à la nouvelle économie qui fait que l’on quitte un monde industriel pour arriver dans une société de services qui favorise l’indépendance et l’entrepreneuriat. Nous avons en face de nous un quart de la population active qui n’a pas de CDI, c’est-à-dire qui est profession libérale, indépendante ou auto-entrepreneur, et il est aujourd’hui difficile pour un banquier d’analyser ce risque. Alors, il demande entre trois et cinq ans de bilans de manière naturelle. Le problème, c’est de séduire le banquier quand on n’a pas de CDI et quand on sort un peu des clous.
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