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Le député européen, cofondateur de la Ligue et ancien ministre de la Justice, analyse la situation politique de l’Italie.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Mario Borghezio : « Le fisc italien fait preuve d’une grande avidité à l’égard de l’épargne et du fruit du travail de nos concitoyens. »
La situation politique de l’Italie continue de susciter de nombreuses interrogations en France. Matteo Salvini figure toujours en tête des sondages et les députés de la Ligue devraient largement se faire entendre au Parlement européen après les élections. L’avocat Mario Borghezio a été ministre de la Justice dans le gouvernement de Silvio Berlusconi, il est le cofondateur de la Ligue du Nord, il a ensuite été député au parlement italien et il est actuellement député européen.
L’Hebdo-Bourseplus : En France, il existe ce que l’on appelle un « plafond de verre » et, avec l’influence des médias institutionnels, un basculement semble toujours peu probable. Comment l’Italie a-t-elle pu basculer ?
Mario Borghezio : C’est quelque chose qu’il faudra étudier, mais il y a plusieurs éléments, comme le travail de la Ligue du Nord depuis plusieurs décennies sur toute l’Italie, avec la présentation de listes, notamment au Parlement européen. J’ai été élu au parlement à Rome et nous avons préparé le terrain pendant plusieurs années. Mais c’est aussi l’activité de Salvini, qui est fortement présent sur le terrain. Il a fait des milliers de rencontres publiques, y compris à l’époque où il y avait encore une certaine hostilité, surtout dans le sud du pays. Salvini a permis de faire connaître le vrai visage de la Ligue et la réalité de ce mouvement, qui n’est pas seulement un mouvement régional, mais un parti qui parle à toute l’Italie profonde.
En France, à l’origine des Gilets jaunes, il y avait une fronde contre les impôts et les taxes. Or, ce mouvement a très vite été récupéré par l’extrême gauche, qui demande davantage d’impôts ! Comment analysez-vous ce basculement ?
Ce qui est important, c’est de retenir que les Gilets jaunes ont commencé par une lutte pour la libération fiscale. Notre mouvement a aussi utilisé ce moteur pour pénétrer les milieux plus actifs, comme les petites et moyennes entreprises, les commerçants ou les agriculteurs. Nos petites entreprises sont persécutées par le fisc italien qui continue de progresser chaque année et qui fait preuve d’une grande avidité à l’égard de l’épargne et du fruit du travail de nos concitoyens. C’est un excellent point de départ. Ensuite, il faut aussi que ce mouvement traduise d’autres exigences, comme celle d’une vraie solidarité du pouvoir avec tous ceux qui souffrent, parce qu’ils n’ont pas une bonne condition économique, ou parce qu’ils se sentent abandonnés, à cause de l’insécurité, par exemple, ou de l’immigration, et de toutes ces choses envers lesquelles les pouvoirs sont insensibles. Ils font semblant d’être sensibles à ces questions au moment des élections, mais ils abandonnent les gens tout de suite après, en les laissant dans des situations insupportables.
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