Casino : innovations en cascade, désendettement... et retour de la croissance au Brésil !

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 29 mars 2019 (numéro 983) : “Immobilier : l’exagération au rendez-vous de 2019”. Bonne lecture !!!

Casino innove, c’est aussi cela qui en fait une cible convoitée. J’avoue que j’ai passé une partie significative de mon week-end à regarder, dans le détail, tous les chiffres publiés par Casino, pour essayer de comprendre pourquoi, après une remontée du cours au moment de la publication du communiqué, certains acteurs du marché (les vadeurs…) avaient repris leur offensive, faisant « péter les stops », notamment dans la séance de vendredi, avec accélération lundi, même si cela s’est calmé mardi (en clôture, là où les vadeurs récupèrent des munitions, peu de volumes tant lundi que mardi)… J’ai essayé de me mettre à la place de ces gens-là, et, au contraire du dossier Carrefour, je n’ai rien trouvé qui puisse ressembler à un « arrangement ». Les comptes sont visiblement justes, et ils sont bons, voire même très bons !


D’excellents chiffres pour 2018, meilleurs que prévu.

Le groupe Casino a sorti en 2018 la meilleure croissance organique depuis cinq ans, une hausse de 2,8 % du volume d’affaires (y compris Cdiscount), une amélioration significative de la rentabilité (marge montant de 2,8 à 3 % du CA), annonce un plan tout à fait crédible sur les années 2019, 2020 et 2021… Qu’y aurait-il donc de si mauvais ? Là où Carrefour veut se lancer dans le bio, Casino y est fortement présent, et y accélère. A la fin de l’année dernière, nous avons publié dans les colonnes de l’Hebdo Bourse Plus un nombre assez significatif d’études concernant l’évolution du commerce en général, de la grande distribution en particulier, et, j’avais annoncé, ce qui fut confirmé par la publication des résultats, les difficultés d’un certain nombre de groupes, dont Auchan, qui a avoué plus de 1,1 milliard d’euros de pertes sur l’année 2018. Le consommateur change ses habitudes, il est de plus en plus attentif à sa ligne, et, du moins pour ceux qui en ont les moyens, passe à des achats alimentaires complètement différents de ce qui fut constaté il y a encore quelques années.

La tendance lourde est au moins de sel, au moins d’ajouts divers, à la disparition progressive des conservateurs. Même si les gens sont assez conscients, lorsqu’on les interroge, que le bio importé n’est pas véritablement bio, la tendance lourde, également, est à un achat de proximité, à l’agriculture raisonnée, à des achats davantage saisonnalisés que dans le passé. Les gros fabricants se mettent à la page, et Fleury Michon, qui a abaissé fortement la teneur en sel de ses charcuteries industrielles, vient de lancer une offre zéro nitrite, avec une date limite de consommation plus faible, mais qui semble bien démarrer. De la même manière, le groupe Orangina Suntory, pour sa part, abaisse de façon drastique la teneur en sucres de ses boissons. Les offres sont encore minoritaires, mais la croissance est très vive. Dans la charcuterie, le bio représentait l’an dernier un peu moins de 1 % du marché, les produits de charcuterie issus de porcs élevés sans antibiotiques représentaient 1,3 % environ, et l’offre sans nitrites environ 1 % du marché. Ceci dit, les volumes ont augmenté de respectivement 19 %, 49 % et 260 % l’an dernier.


Le pari du bio s’avère gagnant.

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