Le député LR de l’Indre estime que les Français sont prêts à accepter les réformes pour sauver notre pays.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Nicolas Forissier, député LR de l’Indre : « Le sentiment d’écrasement fiscal est réel. »

Nicolas Forissier est député LR de l’Indre et ancien secrétaire d’État chargé de l’agriculture sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Il commente l’actualité politique, avec le blocage des Gilets jaunes qui persiste, et il estime que la droite ne doit pas craindre de tenir un discours plus libéral.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est votre analyse sur la situation de notre pays avec les blocages des Gilets jaunes qui se poursuivent chaque weekend ?

Nicolas Forissier : Je pense que la France n’est pas dans une bonne situation. Sur le plan économique, nous en sommes à 100 % de dette et plus de 100 milliards de déficits budgétaires, avec une dépense publique non maîtrisée, qui continue de croître : 25 milliards de plus cette année, sans tenir compte des mesures annoncées par le président de la République. Ce sont des fondamentaux qui ne sont pas bons, alors que le reste du monde est très concurrentiel et nos principaux concurrents ont depuis longtemps réalisé les réformes que nous n’avons pas eu le courage de mettre en œuvre, qu’il s’agisse de la droite, comme de la gauche. Face à cela, je crois que les Français attendent un langage de vérité. Ils veulent de l’équité, ils veulent de la lisibilité dans les systèmes fiscaux, mais ils attendent que les politiques s’emparent de tout cela et fassent le boulot. Dans le livre de mon ami Jean-Louis Thiériot, « De Gaulle, le dernier réformateur », il explique que, quand il arrive au pouvoir en 1958, la situation est très mauvaise. Le contexte est différent, parce qu’il a huit mois devant lui pour gouverner par ordonnances et il va mettre en œuvre très rapidement des réformes profondes contre les habitudes et contre les élites qui ont peur de l’audace et du risque, mais avec le soutien du peuple.

Et je pense que c’est possible aujourd’hui. Le président de la République lance un Grand débat, mais on ne sait pas très bien comment il va s’en sortir. À mon sens, la solution serait qu’il adopte un langage de vérité sur la réalité de la situation économique et sociale. Il faut que la France redevienne un grand pays mais, pour cela, nous devons franchir un certain nombre d’étapes et faire un certain nombre de réformes en allant carrément dans le dur. La mère des réformes, c’est évidemment la réforme des dépenses publiques, car tant que ce pays continuera de dépenser 100 milliards à crédit tous les ans, c’est-à-dire un quart du budget structurel de l’État, il ne pourra pas assurer un avenir sain aux générations futures.


Vous évoquez les réformes lancées par le général De Gaulle, or à cette époque il n’y avait pas le matraquage intellectuel que nous subissons aujourd’hui, avec toujours cette obsession de « faire payer les riches ». Au départ, les Gilets jaunes réclamaient moins d’impôts, mais, en trois semaines, ils ont été repris en main par l’extrême gauche qui réclame le retour de l’ISF. Que pensez-vous de cette situation qui tend à nous précipiter vers l’effondrement ?

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