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Les bon comptes de Peugeot, assurés jusqu’en... 2023.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 8 mars 2019 (numéro 981) : “Saint-Gobain : un vieillard de plus en plus vert”. Bonne lecture !!!
Peugeot : Opel-Vauxhall, c’est fait ! Who is next ? Louis Gallois est un homme heureux. C’est un homme sobre, qui se contente de sa retraite et qui a, très officiellement, renoncé à l’indemnité à laquelle il aurait pu prétendre ès qualités de président du conseil de surveillance de PSA Groupe. Il cherche son successeur, en bon serviteur de l’Etat, il acceptera la personne qu’on lui proposera, ceci dit, il ne se privera pas de dire son mot, voire de taper du poing sur la table, parce que, avec Carlos Tavares, ils ont fait du sacré bon boulot ! Chez Peugeot (PSA Groupe), l’organisation directoriale est un peu différente de celle de beaucoup d’autres entreprises puisque, si la boutique est gérée par un directoire composé de trois membres, Carlos Tavares, Maxime Picat et Jean-Christophe Quemard, le directoire est contrôlé par le conseil de surveillance et, particularité de PSA, par trois censeurs.
Dans le conseil de surveillance, il y a du beau et du moins beau, ceci dit, Louis Gallois s’en est accommodé. Le retour de Daniel Bernard, qui n’avait pas quitté Carrefour en pleine gloire, a entraîné un grand nombre de toussotements dans l’actionnariat individuel, à la mémoire longue. Dans la famille Peugeot, les actionnaires individuels préfèrent, de loin, Thierry Peugeot, qui n’est plus membre du conseil de surveillance, à son cousin Robert, qui affiche souvent une grande morgue et beaucoup de mépris, alors que Thierry, pour sa part, ancien président du conseil de surveillance, était moins politiquement correct, beaucoup plus chaleureux.
Nouvelle accélération en 2018.
Ceci étant dit, la machine Peugeot est une machine qui avance, et qui avance même très vite, les résultats de 2018 le montrent bien, pour celles et ceux qui étaient encore un tantinet sceptiques. Les grincheux vont vous dire que s’il y a eu un nouveau record de ventes en 2018, avec 3,9 millions de véhicules vendus, c’est parce que le groupe Opel Vauxhall a été intégré sur douze mois et non pas sur cinq mois seulement, c’est tout à fait exact. Ceci dit, il ne faut pas oublier que dans les chiffres de 2017, il y avait plusieurs centaines de milliers de voitures 206 et 405 vendues en Iran, avec un microscopique contenu Peugeot dedans, mais qui faisaient des chiffres, qui ont disparu du compteur, tout simplement parce que les Etats-Unis ont décidé de reprendre leur politique de sanction. Toutes les marques du groupe vont bien, et là, c’est plutôt une bonne surprise. Bien évidemment, Opel n’en est qu’au début du commencement de son redressement, quand on voit les comptes, cela donne à espérer. Même si cela fait toujours plaisir, dans un rapport annuel, d’être distingué comme « voiture de l’année », « van de l’année », “plus belle voiture de l’année”…, cela ne rapporte pas un centime ! Chez Tavares, l’argent, c’est important.
Une culture de marge, et aucun dérapage.