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Les mauvaises surprises de 2018... qui vont s’amplifier encore en 2019.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er mars 2019 (numéro 980) : “Le chemin de Peugeot... jusqu’en 2023”. Bonne lecture !!!
De médiocres résultats en 2018 ? Mais ne soyez pas optimistes : en 2019, cela pourrait être bien pire ! A tout Seigneur tout honneur, commençons par Renault. Thierry Bolloré, par euphémisme, a parlé d’une année « qui a connu des situations adverses ». Honnêtement, j’ai failli rigoler quand j’ai vu la retransmission de sa conférence de présentation des résultats ! C’est un peu comme si un paysan se plaignait qu’il y ait de l’eau certains jours, puis qu’il n’y ait pas d’eau certains autres jours ! Les situations adverses, les événements, c’est le propre de la vie d’une entreprise, et le but d’une entreprise, c’est de savoir s’adapter.
Thierry Bolloré, directeur général de Renault, a un peu oublié de mentionner le formidable succès du Duster opus 2 (vendu sous les marques Dacia et Renault, selon les pays, porteur de marges particulièrement juteuses, très largement supérieures à 10 % du CA !). Thierry Bolloré n’a pas non plus parlé des résultats historiques de RCI Bank and Services, ce qui lui a sauvé l’année, tout de même. Bien évidemment, on n’a pas eu de commentaires non plus sur les bonnes ventes, en toute surprise, d’un Kangoo en fin de vie ou d’autres modèles utilitaires, qui ont pourtant à faire face à une concurrence fortement aiguisée, du fait du lancement des nouveaux Berlingo-Partner-Combo chez PSA.
Promis, j’irai à l’AG de Renault.
Je vais essayer de me déplacer pour l’AG de Renault qui se tiendra le 12 juin 2019, j’espère qu’il me sera possible de poser ce genre de question et de voir la réaction des dirigeants. En 2018, Renault a vu sa marge opérationnelle automobile reculer fortement, avec un point bas en détérioration sensible encore au deuxième semestre. Quand on connaît le succès de la gamme d’entrée, on s’aperçoit qu’un grand nombre de modèles actuellement commercialisés par la marque Renault ou par ses filiales sont déficitaires, cela n’est pas agréable de devoir tailler dans le vif, mais cela devra se faire ! Sur tout un tas de résultats où cela favorise Renault, les comptes sont présentés hors AvtoVAZ (Lada), mais pour ce qui concerne le tréflux, on en tient compte, car sinon, l’objectif de 500 millions d’euros n’aurait pas été atteint. Renault a décidé de maintenir son dividende à 3,55 euros, ceci dit, quand on regarde les flux financiers, en forte détérioration, quand on regarde la baisse prévisible des dividendes à provenir de sa filiale à 43,3 % qu’est Nissan, on peut se poser des questions sur le caractère répétitif de ce dividende correct, qui absorbe plus de 800 millions d’euros de trésorerie chaque année. Même en comprenant les flux venant d’AvtoVAZ, le tréflux tiré des activités opérationnelles n’est qu’à peine supérieur à 600 millions d’euros, chiffre à comparer au dividende à payer : 1,108 milliard.
La Russie a sauvé la trésorerie.