Les bonnes surprises de 2018... qui vont s’amplifier encore en 2019.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 22 février 2019 (numéro 979) : “Perspectives 2019 : les mauvaises surprises... qui vont s’amplifier”. Bonne lecture !!!
Marquer un essai... puis le transformer ! Un certain nombre d’entreprises ont sorti des comptes de 2018 ou s’apprêtent à les sortir, avec plutôt une forte amélioration, parfois même à la grande surprise des intervenants du marché, qui, de manière un peu aventureuse, s’étaient souvent postés en position vendeuse, afin de faire des profits sur les malheurs qu’ils avaient présupposés, et qui ne sont pas intervenus. Si ces entreprises ont sorti (ou vont sortir), de bons résultats 2018, ce n’est pas obligatoirement le fait du hasard, de la chance, et d’un héritage venu du tonton d’Amérique !
Sénard fait ses adieux en beauté.
Michelin, cela fait des décennies et des décennies que l’entreprise serre les boulons, avec régularité, dépense beaucoup d’argent en recherche et en développement, toujours avec la même régularité, et, grâce à ses innovations, monte en gamme, sans délaisser pour autant, via d’autres marques, les produits basiques, qu’il fabrique et commercialise avec une marge correcte, même si elle est moins élevée que la marge sur les produits placés plus haut en gamme. Il est rare qu’un mastodonte boursier de la taille de Michelin soit « réservé à la hausse », ce qui fut le cas ce mardi, suite à la publication, lundi soir, de l’ensemble des chiffres de l’année 2018. Pourtant, toutes les fées ne s’étaient pas penchées sur le berceau de Michelin l’année dernière. C’est un euphémisme que de le dire. Cela rehausse d’autant plus la qualité de la gestion du président Senard, et de son directeur général, son futur successeur, M. Menegaux. Certains vont tousser parce que je salue une hausse de seulement 0,3 % du chiffre d’affaires du grand manufacturier de pneumatiques. Ceci dit, comme le chiffre d’affaires publié tient compte d’un effet de change négatif qui fut de 838 millions d’euros, les 22,03 milliards d’euros de CA sont un vrai exploit et cachent une croissance interne de 4,1 %, tout cela ayant été, de surcroît, réalisé sur un marché de la production automobile neuve stable, une première depuis une dizaine d’années. Comme j’ai souvent eu l’occasion, dans des études spécifiques à Michelin, de le souligner, l’entreprise marche à l’innovation, les dépenses de recherche et de développement sont colossales, chaque année, et l’entreprise ne fait pas que d’acheter ou de construire des usines, elle essaie de perfectionner, d’années en années, tel un rouleau compresseur, les produits qui sont vendus à la clientèle.
Grèle, verglas, neige... mais profits en hausse !
Du coup, lorsqu’il y a des hausses de coûts, les matières premières ont eu un effet négatif de 158 millions d’euros en 2018, l’entreprise est en mesure de passer des hausses tarifaires, et ce d’autant plus facilement qu’elle a choisi, et ce fut un vrai bon choix stratégique, d’intégrer des réseaux de distribution, qui ne vendent pas que des produits Michelin mais qui assurent à Michelin le service après-vente, pour la deuxième monte. Par ailleurs, comme je l’ai déjà souligné à plusieurs reprises également, l’augmentation du pourcentage des SUV et des 4x4 dans le mix mondial des véhicules particuliers ou des véhicules utilitaires légers permet de vendre davantage de grands pneumatiques de 18 pouces et plus, lesquels représentent désormais 39 % des ventes de la marque Michelin. Là où les analystes financiers interrogés par l’agence Reuters avaient prévu un bénéfice opérationnel de 2,679 milliards d’euros, on est arrivé à un résultat de 2,78 milliards, c’est quand même une centaine de millions d’euros de plus, quand on tient compte des éléments négatifs pour un total de 1 milliard d’euros, ce n’est pas une réussite, c’est presque un exploit. Cela n’était pas non plus facile, pour Jean-Dominique Senard, de gérer la boutique, tout en préparant le passage de relais à Florent Menegaux. Son mandat s’achevant au mois de mai, chez Michelin, on prépare la succession, et l’on se met en doubles commandes pendant une assez longue période, ce qui, dans beaucoup d’autres entreprises, entraîne des ralentissements, cela ne fut pas le cas chez Michelin. Michelin va faire une présentation le 4 avril prochain, et, vraisemblablement, ajustera ses prévisions pour les années à venir.
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