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Le médiatique président de Résistons ! et ancien candidat à l’élection présidentielle commente l’actualité des Gilets jaunes.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques : « Notre pays est submergé par une crise supérieure qui l’empêche de vivre. »
On ne présente plus Jean Lassalle, ancien candidat à l’élection présidentielle, député des Pyrénées-Atlantiques et fondateur du mouvement Résistons !. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Le gouvernement a lancé son Grand débat, mais les Gilets jaunes continuent de se mobiliser chaque week-end. On a l’impression que les choses n’avancent plus…
Jean Lassalle : Je vis le mouvement des Gilets jaunes avec un grand espoir, qui ne s’est pas démenti dès le premier jour où j’ai entendu parler d’eux, mais aussi avec une forme de tristesse. Une grande joie, parce qu’ils incarnent à mes yeux l’expression du génie de notre grand peuple de France. On ne peut pas tordre la France, on peut essayer de l’emmener à reculons quelque part, mais le jour où elle ne veut plus y aller, elle n’y va pas, on ne peut pas la tordre. C’est exactement ce qui est en train de se passer. Depuis une trentaine d’années, nous, les politiques, avons beaucoup menti à ce grand peuple qui a été le premier à se déclarer souverain et qui a été à l’origine de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est une forme d’espoir, parce que ce peuple se régénère en permanence. Mais je parle aussi de tristesse, parce que je continue de voir l’incompréhension d’un certain nombre d’hommes et de femmes de bonne foi. Je ne parle pas de ceux qui sont de mauvaise foi, cela existe, on n’y peut rien, mais il y a toujours des gens qui refusent de regarder la réalité en face et de se mettre en phase avec la réalité. Le sentiment qui domine, c’est qu’il n’y a plus d’espoir, en France comme ailleurs. La finance spéculative s’est emparée de tout, nous avons laissé faire et nous n’avons jamais rien expliqué à notre peuple qui, lorsqu’il est averti, est capable de se redresser d’une manière spectaculaire. La France est un pays qui peut toucher le chaos, mais capable aussi de revenir au premier plan…
Il y a eu votre grève de la faim, votre marche dans toute la France, votre candidature à l’élection présidentielle... Vous vous êtes épuisé physiquement et l’on aurait pu se dire que les choses n’avancent pas… Tout d’un coup, il y a ce mouvement des Gilets jaunes qui veut remettre l’humain au cœur du débat. Finalement, vous êtes-vous dit que vous n’en avez pas bavé pour rien ?
C’est une question qui me touche. J’ai posé un certain nombre d’actes tout au long de ma vie, dont trois qui ont amené l’ensemble des journalistes de la planète à évoquer mon action, tout ceci sans verser une goutte de sang, car ma démarche est éminemment pacifique. C’est une démarche de combattant. Effectivement, lorsque l’on entreprend quelque chose de ce type, on ne le fait pas sur un coup de tête. Lorsque j’ai chanté à l’Assemblée nationale parce que l’ensemble des services publics disparaissait dans toute la France, cela m’a coûté très cher. Lorsque j’ai jeûné pour retenir une entreprise, alors que nous en perdions à l’époque 500 000 en France - ce dont nous ne sommes jamais relevés – j’ai beaucoup réfléchi sur le sens de cette action. Lorsque j’ai entrepris le tour de France à pied, c’est parce que j’avais senti, après la crise économique et sociale, que le lien humain était en train d’éclater dans notre pays, où il est devenu plus agréable d’adopter un chien ou un chat, qu’un enfant, une femme, un mari ou quelqu’un d’autre… Notre pays est submergé par une crise supérieure qui l’empêche de vivre, mais notre peuple est en train de bien travailler pour rétablir la réalité. Cela peut être très long, notre pays ne va pas sortir de cette crise facilement, mais je reste optimiste et je compte faire tout ce que je pourrais pour réconcilier les Français. La France a besoin de redevenir la France car, lorsqu’elle est la France, elle est capable de soigner ses maux, même les maux d’un certain nombre de ses voisins qui sont dans la même situation et même ceux du monde entier !