La colère d’un maire abandonné par son département !

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Yves Dourliach, maire de Railleu (Pyrénées-Orientales) : « Nous avons le droit de vivre comme tout le monde. »

Yves Dourliach, maire de Railleu, un village situé dans les Pyrénées-Orientales, vient de se retrouver dans l’obligation de déneiger les routes départementales qui mènent à sa commune. Certes, il considère qu’il est de son ressort de déneiger le village, mais les routes départementales incombent évidemment au département. Or, avec l’arrivée de la neige, le responsable des services routiers du département a décidé de ne plus s’occuper de ce village, tout simplement parce qu’il est vexé d’avoir été critiqué par le maire au micro d’une radio locale ! Aujourd’hui, Yves Dourliach est contraint de tout faire avec son tracteur, alors qu’il doit aussi s’occuper des courses et du courrier des personnes âgées. La vie de ses administrés est bouleversée depuis plusieurs jours et Yves Dourliach ne cache pas son ras-le-bol.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez de pousser un coup de gueule dans la presse locale, car vous êtes obligé de déneiger les routes départementales autour de votre village. Est-ce une situation exceptionnelle ?

Yves Dourliach : J’ai été premier adjoint, j’entame ma sixième année de maire et je m’occupe naturellement de l’entretien des routes de mon village. Mais, ce que je n’admets pas, c’est l’entretien de la départementale 4 et de la départementale 4 bis. Ces routes ne sont pas déneigées, comme la principale route départementale. On s’est retrouvé avec plusieurs centimètres de neige et tout le monde s’en fout... J’ai interpellé le responsable de la direction départementale en charge du déneigement et, comme je suis passé sur France Bleu Roussillon pour me plaindre, il m’a dit que je ne serai plus déneigé ! Je lui ai répondu que j’étais élu, que je devais défendre mes administrés et qu’il était un employé ! Je trouve que ça suffit.


Finalement, vous trouvez normal de vous occuper de votre village, mais pas des routes départementales…

Le lieu s’appelle la vallée des Garroxtes et cela représente 17 kilomètres qui ne sont pas déneigés. Nous sommes peu nombreux, mais j’estime que nous avons le droit de vivre comme tout le monde. Nous avons besoin de médecins, d’infirmières, de femmes de ménage, du courrier… Je trouve que le facteur prend de nombreux risques pour nous amener le courrier et nous nous sommes mis d’accord : lorsqu’il y a beaucoup de neige, il me téléphone et je peux lui dire s’il peut monter au village ou non. Je ne vais pas faire monter le facteur sur une petite route très étroite lorsqu’il y a 5 centimètres de neige, car c’est très dangereux.

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