Équipementiers automobiles : la grande mutation accélère.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 8 février 2019 (numéro 977) : “Distribution : la belle réussite de LVMH”. Bonne lecture !!!

Dans l’automobile, beaucoup de grands chantiers sont en cours, avec notamment la réduction obligatoire des normes de pollution, l’allègement en continu des véhicules (consubstantiel au premier sujet), la mise en place de la conduite autonome à différents échelons, les distractions à l’intérieur du véhicule, la transmission d’informations (voitures connectées), le changement des types de motorisation (recul de la part du Diesel, montée de la part de l’essence, comme des produits électrifiés, moteurs hybrides rechargeables et électriques purs), tout cela représente une mutation significative, qui n’est pas nouvelle puisque l’industrie automobile, dans son ensemble, n’a cessé de se transformer, de croître, dans le monde entier, au cours de son premier siècle d’existence.


Des milliers de milliards d’euros de CA mondial.

L’industrie automobile, quand on la consolide avec les équipementiers, que l’on ajoute les fabricants de camions, les fabricants de bus qui entrent de plus en plus dans la composition d’une voiture ou d’un véhicule utilitaire léger, cela représente des milliers de milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Et bien évidemment, je ne tiens pas compte du carburant, qu’il s’agisse d’essence, de gazole, de gaz naturel liquéfié, du GPL, ou d’électricité. C’est une industrie majeure, structurante pour l’ensemble de l’industrie mondiale. Cette industrie est sous contrainte, notamment sous contrainte des différentes réglementations, qu’il s’agisse de l’Amérique du Nord, de l’Union européenne, ou encore très récemment de la Chine, qui a imposé le basculement vers les solutions électriques, pour faire face aux grognements de sa population, devant les pics de pollution qui rendaient l’air irrespirable à Pékin et dans les grandes villes. Il y a des micromarchés qui peuvent se développer de façon rapide.

Même si quasiment aucun véhicule commercialisé en France n’accepte comme carburant de base le superéthanol-E85 (85 % d’éthanol, 15 % d’essence), ce type de carburant connaît une demande en forte expansion, au bénéfice de la filière de l’agro-industrie. En France, il n’y a que 32.500 véhicules Flexfuel d’origine, mais il y a 70.000 véhicules qui ont été équipés de boîtiers E85 en seconde monte. Depuis décembre 2017, l’installation et la vente de ces boîtiers a été légalisée. On estime que 40.000 installations seront effectives en 2019, ce qui portera le parc à presque 150.000 véhicules. Alors que les véhicules fonctionnant au E85 ne représentent que 0,3 % du parc en circulation, l’an dernier, la consommation a augmenté de 55 % et pèse 1,7 % de la consommation totale d’essence.


Prise en otage par les “khmers verts”.

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