Pluie de dollars sur les banques américaines, pluie de larmes en Europe.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 1er février 2019 (numéro 976) : “Equipementiers automobiles : la grande mutation accélère”. Bonne lecture !!!

Le bankstérisme, aux Etats-Unis, c’est une affaire ultra-rentable. Bank of America, qui a fusionné il y a déjà pas mal de temps avec la banque d’affaires (et broker) Merrill Lynch, lie les activités de banque d’affaires, de banque de marché, d’opérateur sur les marchés, et de banque traditionnelle, à la manière de BNP Paribas, de Société Générale ou du Crédit Agricole en France. C’est une affaire qui roule sur l’or, elle est valorisée actuellement à Wall Street pour plus de 280 milliards de dollars, on a l’impression que, dix ans après la formidable crise de 2008, les banksters nord-américains sont mieux en forme que jamais.


Bank of America : cinq fois la valeur de BNP Paribas.

L’activité de banque commerciale représente un peu moins de 40 % du chiffre d’affaires, l’activité gestion de fortune et gestion d’actifs un bon cinquième, l’activité banque de marché un petit cinquième, l’activité banque d’affaires et d’investissement un gros cinquième, un petit quart. Au cours des dernières années, l’activité a fortement progressé. De 43,5 milliards de dollars de produits d’exploitation en 2015, on est passé à presque 45 milliards de dollars en 2016 puis à plus de 50 milliards en 2017. Du coup, comme les charges d’exploitation ont été maîtrisées, l’entreprise, même si elle a payé de lourdes amendes au titre de ses malversations passées, a vu ses résultats exploser. Le résultat net, qui n’était que de 4,22 milliards de dollars en 2014, est passé à presque 16 milliards en 2017. Au quatrième trimestre de l’exercice 2018, le bénéfice net a été somptueux, supérieur au résultat net de l’ensemble de l’année 2014, avec 7,3 milliards de dollars, une hausse de plus 204 %, plus que triplement.

L’an dernier, la banque avait été pénalisée par la réforme fiscale mise en place par Donald Trump, qui avait écorné son report fiscal déficitaire lié aux années de crise, un événement exceptionnel non-répétitif. Si l’on prend comme référence le résultat trimestriel ajusté du dernier trimestre de 2017, la progression est quand même de plus 39 %, ce qui est tout à fait spectaculaire. Le chiffre d’affaires a grimpé de 11 % d’une année sur l’autre, avec 22,7 milliards de dollars sur le dernier trimestre de 2018, tout va bien, le rasage de la clientèle est une activité ultra-profitable ! J’ignore si elle en a le projet, ceci dit, Bank of America Merrill Lynch est tout à fait dans la capacité, si tel est son désir, de croquer la Société Générale, BNP Paribas ou tout autre établissement à capital dispersé en Europe et cela, d’un seul claquement de doigts.


Citigroup, géant par les profits.

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