Fnac Darty : les "Gilets jaunes" ont coûté 45 millions € en 2018.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 18 janvier 2019 (numéro 974) : “Immobilier : après l’IFI, coup de grisou à venir avec les taux?”. Bonne lecture !!!

FNAC-Darty : après le deal maker, voilà le chef de la franchise ! Franchise... dans les magsins (plus de 200 franchisés Fnac ou Darty désormais) comme dans la communication. Fnac Darty a annoncé que la crise des "Gilets jaunes" en France et en Belgique s’était traduite pour le groupe par une perte de chiffre d’affaires estimée à environ 45 millions d’euros, liée aux fermetures de magasins et aux baisses de trafic. "Cet impact sur les ventes de fin d’année devrait peser en conséquence sur la croissance du résultat opérationnel courant attendue pour l’année 2018", souligne le distributeur de produits culturels, électroniques et d’électroménager. Le groupe réaffirme en revanche son objectif de 130 millions d’euros de synergies à fin 2018 liées à l’intégration Fnac Darty, qui s’achève "conformément au plan". Il confirme également ses objectifs à moyen terme qui visent une croissance supérieure à ses marchés et une marge opérationnelle courante de 4,5% à 5%. Fnac Darty doit publier le chiffre d’affaires du quatrième trimestre et de l’année, ainsi que les résultats financiers 2018 du groupe, le 20 février, après bourse.


Martinez, rien à voir avec le syndicaliste CGT.

Enrique Martinez, patron de FNAC-Darty, est un vieux de la vieille de la maison. C’est lui qui est à l’origine du développement par franchise, alors qu’Alexandre Bompard, pour sa part, nommé à la tête de la FNAC par la famille Pinault, a eu comme principal boulot de valoriser l’entreprise, dont la famille Pinault restait actionnaire principal, afin qu’elle puisse sortir les poches pleines ! C’était un « deal maker », et la prise de contrôle du groupe Darty est une réussite particulièrement spectaculaire, réalisée avec l’appui de banques d’affaires qui ont très bien travaillé, et le financement de Vivendi, groupe qui a arrondi sa cagnotte au passage (la sortie est déjà faite). Bernard, le dernier des trois frères fondateurs du groupe Darty est décédé récemment, et, dorénavant, depuis le départ de la famille Pinault, qui détenait depuis la fusion un peu moins de 30 % du capital à travers Artemis, la société FNAC-Darty est aujourd’hui une entreprise dont le principal actionnaire est le groupe allemand Ceconomy, qui détient un peu plus de 24 % du capital. Un obscur assureur s’est invité à la danse, en prenant 11,35 % du capital, ses motivations ne sont pas très connues, de toute façon, il a été bloqué à la porte du conseil d’administration.


Bon dans le numérique.

L’ancienne coopérative que fut la FNAC (Fédération Nationale d’Achat des Cadres) d’essence ouvriériste voire trotskiste, a beaucoup changé. Malgré la forte compétition de Cdiscount ou de Amazon, malgré la compétition très élevée également des services de braderie en ligne tels que venteprivee.com, FNAC-Darty est restée une grosse entreprise dans la distribution spécialisée, c’est le numéro un français de la distribution de produits culturels et de loisirs. Outre les livres, l’entreprise vend des jouets, des consoles de jeux, des CD, des téléphones, des ordinateurs, des tablettes… tous les produits et logiciels périphériques, mais vend également des produits hi-fi tels que les téléviseurs, et tout ce qui peut être lié à ce genre de prestations. Elle a encore un rayon appareil photo significatif, et, depuis plusieurs années, la FNAC s’était diversifiée dans les appareils électroménagers, afin de trouver un revenu complémentaire à la baisse du chiffre d’affaires dans les produits culturels. FNAC-Darty s’est développée sur les points de vente physiques, dans les grandes zones commerciales, et n’a pas négligé le développement d’Internet, sans oublier aussi la distribution de billets de spectacles, la vente de voyages. C’est quand même une entreprise qui reste franco-française, la France et la Suisse représentent 78 % du chiffre d’affaires, le Benelux un peu plus de 12 %, la péninsule ibérique un peu moins de 10 %. Le principal atout de FNAC-Darty, c’est d’avoir su articuler une liaison forte entre la partie physique et la partie sur la toile. Via la carte FNAC, l’entreprise a une très belle connaissance de sa clientèle bien avant que l’on parle de « big data ». La distribution s’est faite sur tous les canaux, bien avant que certains commencent à y songer, comme notamment le groupe Carrefour, nouveau point d’atterrissage d’Alexandre Bompard, ancien patron de la FNAC.

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