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Automobile : le Diesel n’a pas dit son dernier mot.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 4 janvier 2019 (numéro 972) : “Des valeurs à fort rendement, même en période de tempêtes”. Bonne lecture !!!
Le Diesel souffre d’une mauvaise image, mais pourtant, ce type de motorisation effectue sa mutation afin de réduire fortement, voire de les annihiler, ses émissions de polluants. Beaucoup de nouveaux systèmes antipollution ont été inventés au cours des dernières années, ils pourraient réhabiliter le Diesel, surtout que le temps presse, et l’échéance des obligations normatives de l’Union européenne se rapproche à grands pas, et semble difficile à tenir, compte tenu de la baisse de la part des véhicules utilisant ce type de motorisation dans l’ensemble des immatriculations.
Il faut rappeler que, en 2021, les constructeurs ne devront pas dépasser leur objectif spécifique d’émission de CO2 sur leurs ventes de véhicules particuliers. Le 95 grammes de CO2 par kilomètre est ainsi décliné pour chaque constructeur puisqu’il est pondéré par un coefficient qui tient compte de la masse moyenne de ces véhicules. L’objectif sera beaucoup plus facile à atteindre pour ceux qui ont une part importante de leurs ventes dont les émissions sont inférieures à 50 grammes de CO2 par kilomètre (véhicules électriques ou hybrides rechargeables), chacun de ces véhicules est compté pour 1,67 dans le calcul général.
De lourdes pénalités possibles, surtout pour Volkswagen.
La société PA Consulting a publié, pour la quatrième année consécutive, une estimation des objectifs spécifiques de CO2 en Europe pour les principaux constructeurs, intégrant pour la première fois dans la liste Mazda et Honda. Cette société d’études estime la capacité à atteindre, en 2021, les objectifs minimums qui ont été fixés par l’Union européenne. De surcroît, PA Consulting a chiffré les pénalités encourues par les constructeurs qui ne les respecteraient pas. Pour l’ensemble des treize constructeurs européens, cette pénalité représente 3,9 milliards d’euros, ce qui doit se comparer avec des dépenses en recherche et développement (R & D) de 55 milliards d’euros par an pour l’ensemble de l’industrie automobile européenne, équipementiers compris. Les constructeurs doivent lancer des modèles à faibles émissions avant 2021, faire en sorte qu’ils séduisent les consommateurs, et, en parallèle, investir dans la technologie nécessaire pour se conformer à la réglementation future, jusqu’en 2030. En théorie, le groupe FCA (principalement Jeep, Fiat, Alfa Romeo, Abarth et Maserati), se trouve être le plus pénalisé par rapport à sa gamme, et l’addition sera d’environ 700 millions d’euros par an, soit 10 % de sa marge opérationnelle mondiale de 2017. Le groupe Volkswagen, même s’il est plus proche de l’objectif, aura la note la plus salée, puisque les marques prises en compte dans l’objectif sont Volkswagen, Audi, Skoda, Seat, Porsche et Bugatti. Les marques du luxe Lamborghini et Bentley ont des objectifs européens spécifiques et ont été exclues de l’analyse de Volkswagen. Même si le groupe allemand s’est repositionné récemment sur les véhicules électriques, cette inflexion est aujourd’hui tardive, on estime que la part des ventes sur ce genre de motorisations ne sera que de 7 % en 2021, Volkswagen, qui avait un objectif de 97,7 grammes de CO2 par véhicule vendu sera vraisemblablement entre 101 et 102 grammes, soit 1,4 milliard d’euros de pénalités en 2021. Cela représente, comme pour Fiat, 10 % de sa marge opérationnelle de 2017.
PSA accélère sur ses plates-formes légères, dont CMP qui arrive.