Le président des maires ruraux des Yvelines ouvre un cahier de doléances.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Geslan, maire de Méricourt (Yvelines) : « La misère ne s’exprime jamais dans le monde rural, mais le jour où elle s’exprime, ça explose. »

Philippe Geslan est maire de Méricourt et président de l’Association des maires ruraux des Yvelines. Il a été l’un des premiers élus, après l’allocution d’Emmanuel Macron, qui ait ouvert un cahier de doléances pour recueillir les revendications de ses administrés. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Votre commune est l’une des premières de France à avoir ouvert un cahier de doléances pour exprimer les revendications de ses habitants. Qu’est-ce qui vous a incité à jouer le jeu ?

Philippe Geslan : Dès le début des Gilets jaunes, j’ai compris qu’il se passait quelque chose. J’ai vu de nombreux gilets jaunes posés sur le tableau de bord des automobilistes et cela m’a interpellé. J’ai immédiatement pris contact avec les Gilets jaunes par les réseaux sociaux, notamment Facebook. Cela n’a pas été facile, mais au bout de quelques jours, j’ai réussi à en faire venir trois en mairie. J’ai pu discuter avec eux tranquillement et j’ai compris qu’ils ne voulaient pas se structurer et qu’ils ne voulaient pas de chef. En revanche, ils avaient du mal à communiquer et à faire passer leurs revendications. J’ai proposé de les aider pour que l’on puisse faire remonter le plus haut possible l’information. En discutant avec le président de l’Association des maires ruraux de France, j’ai expliqué ce que j’allais faire sur ma commune et nous avons lancé cette opération. C’est un vrai succès, puisque 15 % de la population de mon village s’est déplacée.


Comment avez-vous vécu cet épisode des Gilets jaunes ?

Très honnêtement, je suis allé rencontrer quatre fois les gens sur un point de blocage qui n’est pas très loin de chez moi, le péage de Buchelay, j’y ai rencontré des gens qui n’étaient pas si violents que ce que l’on a pu voir à la télévision et j’ai été surpris de l’élan populaire qu’il y avait autour d’eux. Il y a un capital sympathie autour de ce mouvement qui est assez incroyable. Après, bien évidemment, sur toute la partie violences et revendications extrêmes, cela ne me plaît pas du tout. Cependant, ce que ces gens ont exprimé, c’est ce que ressentent mes habitants. Nous dénonçons depuis des années le sentiment d’abandon dans nos communes rurales et nous l’avons vu évoluer. En 2014, je suis allé rencontrer le président Larcher au Sénat pour lui dire qu’il se passait quelque chose de très grave dans nos communes et que ceux qui votent pour des extrêmes ne sont pas des gens racistes ou fascistes, comme on le laisse entendre dans les médias, mais simplement des gens qui en ont marre et qui se sentent oubliés. Ce sont les oubliés de la société parce qu’il n’y a pas de transports, il n’y a pas d’Internet, il n’y a plus de services publics, il n’y a plus de commerces… Malgré tout, ces gens paient des impôts comme les autres. Ces gens veulent tout simplement dire qu’ils sont là et qu’ils existent.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.