Le bilan du marché immobilier à Paris et en Île-de-France.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Maître Thierry Delesalle, porte-parole de la Chambre des Notaires de Paris : « Les volumes sont moins bons, contrairement à tout le reste du marché, tout simplement parce que le parc mutable à Paris a baissé depuis vingt ans au profit du logement social.»

La Chambre des Notaires de Paris vient de rendre publique son étude annuelle sur le bilan du marché immobilier, dont nous publions les principaux extraits. Maître Thierry Delesalle, porte-parole de la Chambre des Notaires de Paris, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle photographie faites-vous du marché immobilier pour l’année 2018 ?

Thierry Delesalle : 2018 a été une très bonne année. Il y a eu beaucoup de médias qui disaient au début de l’année que ce serait celle de la décrue et que ce serait terrible, alors que nous n’avons pas arrêté de dire que nous ne faisions pas le même constat puisque les volumes étaient très bons et, tant que les taux d’intérêt étaient aussi bas, il n’y avait pas de raison pour que cela change. Nous sommes encore dans une année de rattrapage, après deux ou trois années, 2014 et 2015, plutôt mauvaises en termes de volumes et, maintenant, les gens rattrapent ce temps perdu. Notre clientèle, ce ne sont pas forcément des primo-accédants, ce sont des gens qui réajustent leur logement. Ils mettent du temps, ce sont des décisions longues, c’est ce qui explique les bons volumes. On n’atteindra pas des records comme l’année dernière puisque, en fonction des marchés, nous sommes à 2 ou 3 % en dessous. On observe des tensions sur les prix sur certains secteurs, comme toujours à Paris. C’est quasiment un marché idéal, avec beaucoup de volumes et des prix stables, notamment dans la grande couronne pour les maisons et les appartements. Il y a même des volumes records en grande couronne. L’inflation est de 2,2 % en septembre, on a un peu trop tendance à l’oublier et, si l’on intègre l’inflation, lorsque les prix montent de 1,5% ou de 2%, on ne peut pas dire que cela grimpe énormément. Les prix sont relativement stables par rapport à l’inflation.


Vous observez un ralentissement du marché sur Paris. Quelles en sont les raisons ?

Cela fait longtemps. Nous en avons plusieurs fois parlé en conférence de presse, mais cela n’a jamais été repris par les médias, parce que c’est politiquement incorrect : nous constatons que les volumes sont moins bons, contrairement à tout le reste du marché, tout simplement parce que le parc mutable à Paris a baissé depuis vingt ans au profit du logement social. Les pouvoirs publics aimeraient bien que le logement social soit mis en vente, c’est tout l’objet de la loi Elan (loi logement 2018), mais nous constatons que ce n’est pas ce qui alimente beaucoup le marché de la vente. En plus, les logements sont uniquement vendus aux locataires. Mais si cela se vend bien, cela peut donner un peu d’oxygène. Il y a eu 80 000 logements sociaux en plus en quinze ans, depuis la loi SRU, donc le parc privé a diminué et cela rajoute de la tension sur les prix puisqu’il y a moins de biens à vendre. Cela se traduit aussi par une baisse des volumes par rapport aux précédentes années, puisque le parc mutable baisse. C’est une tendance de fond, il n’y a rien de nouveau, mais c’est bien de le dire et de l’expliquer.

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