Un parlementaire de l’opposition à la rencontre des Gilets jaunes.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Thibault Bazin, député LR de Meurthe-et-Moselle : « Aujourd’hui, il y a un vrai sujet de crédibilité de la classe politique. »

Les députés de la majorité se montrent frileux dès qu’il s’agit d’évoquer les Gilets jaunes, alors que ceux de l’opposition n’ont pas hésité à aller sur le terrain pour dialoguer. C’est le cas de Thibault Bazin, député LR de Meurthe-et-Moselle, qui nous livre son opinion.


L’Hebdo-Bourseplus : Analysez-vous le mouvement des gilets jaunes comme une révolte fiscale, ou pas seulement ?

Thibault Bazin : C’est une démonstration visuelle d’une partie de la population. Il y a beaucoup plus de personnes qui ne sont pas forcément visibles sur les ronds-points, mais qui partagent un certain nombre d’idées, et il y a différentes motivations. J’ai été les rencontrer et j’ai pu échanger avec eux. Ce qui m’a marqué, c’est aussi le nombre de femmes présentes, comme des mères de famille et des fonctionnaires, ce qui n’est pas toujours habituel sur ce type d’événement. J’ai rencontré des aides-soignantes, des infirmières qui travaillent dans des hôpitaux, il y a vraiment une diversité professionnelle. J’ai vu des jeunes et des retraités, tous les âges sont représentés. Derrière, il y a une question majeure qui revient : c’est l’inquiétude sur l’avenir.

Aujourd’hui, dans mon modèle économique, si mon pouvoir d’achat diminue demain, est-ce que je serai capable, à la fin de ma vie de travail, d’être propriétaire de mon logement ? Est-ce qu’à la fin de ma vie de travail, je serai capable d’assurer l’avenir de mes enfants ? La question de l’avenir et de la génération suivante constitue une véritable angoisse. Il y a aussi un sentiment d’injustice sociale : je travaille et je galère, et je ne comprends pas qu’à côté, des personnes qui, sans doute, galèrent aussi, sont aidées et qu’il n’y ait plus de différences entre celui qui travaille et celui qui ne travaille pas.

Des gens m’ont expliqué que l’essence coûtait tellement cher maintenant, qu’il valait mieux s’arrêter de travailler pour s’inscrire aux aides sociales... Il y a quand même une question de fond, derrière, sur la rémunération et la valeur travail. Nous avons aussi une question sur les familles. Nous avons un modèle qui est en train de devenir compliqué, c’est-à-dire que des gens qui accueillent des enfants se retrouvent pénalisés dans leur pouvoir d’achat, notamment avec le quotient familial. Je parle des classes moyennes. Cela m’a marqué, parce que ce sont vraiment des personnes qui ont un boulot aujourd’hui...

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