Trop de guichets chez les banksters ? Trop d’Hypers, de Supermarchés et de Drive dans la distribution.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 7 décembre 2018 (numéro 968-969) : “La distribution, suite”. Bonne lecture !!!

Alors que de nouveaux acteurs arrivent (Grand Frais, Amazon... cf notre dernier numéro) la bataille entre les enseignes généralistes s’accentue. Sur le marché de la grande distribution alimentaire en France, les enseignes généralistes se disputent les consommateurs, alors que les consommateurs changent leurs habitudes, nous l’avons vu dans le premier épisode, publié dans notre numéro 966, le 23 novembre dernier. Pendant un certain nombre d’années, du moins depuis la fusion entre Carrefour et Promodès, il y a eu une sorte de mouvement perpétuel, avec repli plus ou moins progressif et rapide du groupe Carrefour, qui a changé de PDG comme on change de chemise, qui s’est séparé de Dia, sous l’insistance de ses actionnaires principaux, dont Bernard Arnault, qui était alors le principal actionnaire, avec le groupe Colony Capital.


Leclerc a été le premier sur les Drive, utilisant un trou dans la loi pour “faire son trou”.

Le groupe Leclerc en a profité, grâce à l’implantation des Drive, qui lui ont permis de multiplier « en douce », et hors commission d’urbanisme commercial, ses surfaces puisqu’il s’agissait, du moins en théorie, d’entrepôts, Carrefour a perdu du temps (et de l’argent), Leclerc montait, et, bien évidemment, le dépassement fut le point d’exclamation, très logique, en 2017, avec le groupement E.Leclerc à 21 % du marché, Carrefour tombant à 20,8 % du marché. Pendant ce temps-là, certains sont restés plutôt stables, et d’autres ont continué sur une croissance plus ou moins forte. Il faut savoir que la France, c’est une exception dans l’Europe de la grande distribution généraliste. Il n’y a pas moins de trois opérateurs dans le secteur capitaliste, coté ou non (Auchan, Carrefour, le groupe Casino), et trois très gros opérateurs également dans le système des groupements d’indépendants (Système U, Intermarché, Leclerc). Il y a quelques années, au début des années 2010 notamment, il y avait une sorte de partage assez équitable, avec une concurrence moins féroce, notamment sur les tarifications.


Intermarché, remis de Spar, s’est repositionné sur les produits.

Le groupe Intermarché a décidé, après ses mésaventures de diversification internationale qui ont coûté cher, de se recentrer sur son précarré français, de travailler davantage sur la qualité de ses produits maisons (marques de distributeur) et également de se positionner comme commerçant fabricant, pour résumer son nouveau slogan publicitaire. Intermarché, qui était en retard face à Leclerc sur la gestion des données de la clientèle (carte de fidélité, big data) a décidé de viser les familles nombreuses, leur accorde des avantages supplémentaires, et a fait une remontée assez spectaculaire, qui ne lui permet pas de coller au duo de tête, mais qui permet quand même de se rapprocher, tout en se distinguant des autres groupes qui sont à plus de 10 % du marché français mais qui sont très loin des 21 % de Carrefour ou de Leclerc. Dans la bataille sur les prix, le groupement Edouard Leclerc est homogène. Qu’il s’agisse des drive, du site Internet ou des magasins, les formats sont assez grands, il s’agit pour l’essentiel de très gros supermarchés ou d’hypermarchés de taille conséquente, souvent jouxtés d’une galerie commerçante, et de magasins spécialisés qui permettent de justifier une venue sur les vastes parkings. La piètre qualité des produits « marque repère » commercialisés par Leclerc a beau avoir été soulignée par diverses enquêtes des organismes de consommateurs, cela ne change rien, Leclerc affiche se battre sur les prix, cela lui aura permis, du moins en France, d’écraser toute velléité de croissance forte des hard discounters tels que Aldi, Lidl ou d’autres marques, comme Colruyt, du groupe Delhaize.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.