Après la hausse des taxes sur les carburants, doit-on s’attendre à une augmentation des tarifs des mutuelles ?
EN DIRECT AVEC...
Stéphane Viry, député LR des Vosges : « Nous sommes en train de changer notre modèle de protection sociale, qui reposait sur la solidarité nationale, pour aller de plus en plus vers un modèle assuranciel privé. »
L’Assemblée nationale a adopté le remboursement intégral par la Sécurité sociale et les complémentaires santé de certaines lunettes et des prothèses dentaires et auditives : une promesse d’Emmanuel Macron qui fait craindre une hausse des tarifs des mutuelles. Le principe de cette mesure, votée dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019, consiste à offrir à tous les Français un accès à des soins d’optique, dentaire et d’audiologie intégralement pris en charge. Une concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur a abouti à la définition d’un panier « 100 % santé » comprenant des équipements de soins qui répondent aux besoins de santé publique dans les trois domaines concernés. Cette offre sera accessible à tous les assurés et prise en charge à 100 % par l’assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé, donc sans reste à charge pour les patients. Pourtant, ce n’est pas un vrai cadeau qui est ainsi offert aux Français et le député LR des Vosges, Stéphane Viry, redoute une augmentation du tarif des mutuelles. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il revient sur cette mesure, ainsi que sur la grogne des automobilistes contre l’augmentation du prix des carburants.
L’Hebdo-Bourseplus : Face au mouvement de colère des automobilistes, vous proposez de créer un ticket carburant : est-ce le principe du ticket-restaurant adapté au carburant ?
Stéphane Viry : Cette proposition de loi avait été déposée l’année dernière, bien en amont de cette colère qui monte un peu partout en France, parce que nous avions bien compris que la trajectoire fiscale allait faire progresser les taxes sur les carburants et nous voulions, autant que possible, permettre un amortissement pour celles et ceux qui sont contraints d’utiliser leur voiture pour se rendre à leur travail. La deuxième raison, c’est une question de pouvoir d’achat, parce qu’il y a eu cette décision du gouvernement de majorer la CSG qui impacte le budget des ménages et nous nous sommes interrogés avec plusieurs collègues pour trouver quelque chose de très concret et de très pratique, et nous avons eu cette idée du chèque carburant qui repose sur le même fonctionnement et le même volontarisme que le ticket-restaurant. Donc, ce n’est pas une obligation imposée aux employeurs, c’est une faculté laissée à chaque entité économique en fonction de la volonté du chef d’entreprise d’avoir un dialogue social ou un intéressement adapté à l’égard de ses salariés, pour leur permettre de se rendre à leur travail à faible coût.
On voit bien que dans toute la France les gens se plaignent de la hausse du carburant, de la même manière qu’ils ont protesté contre la mise en place des 80 km/h : est-ce l’automobile, comme l’avait pressenti Georges Pompidou à son époque, qui génère ainsi le principal facteur de mécontentement des Français ?
J’ai le sentiment que depuis quelques années le véhicule individuel est dans le collimateur d’un certain nombre de décisions politiques. Je prends l’exemple de Paris où, manifestement, Madame Hidalgo a les automobilistes dans le collimateur et elle a déployé toute une politique où, très clairement, les automobilistes sont visés. Pour le reste, il faut aussi analyser l’état de la France car, dans notre pays, les modes alternatifs de transport et les transports collectifs ne sont pas suffisamment développés pour permettre d’assurer une mobilité au plus grand nombre. La liberté d’aller et de venir est un principe fondamental, c’est un principe constitutionnel. Alors, comme on ne peut pas utiliser des métros et des TER partout dans le territoire, comme les solutions de covoiturage ne sont pas encore suffisamment établies, économiquement ou culturellement, en l’état, le véhicule reste le seul moyen pour des hommes et des femmes de se rendre à leur travail, d’emmener les enfants pratiquer leur sport le week-end, d’aller à leur entraînement de danse ou tout simplement d’aller voir des amis. C’est une vérité absolue. En l’état, il n’y a pas d’autres solutions. Il faut être pragmatique et concret. Je ne mettrai pas sur le même plan l’analyse que l’on peut faire sur les 80 km/h et les taxes sur le carburant. Pour les 80 km/h, je ne pense pas que ce soit une volonté d’emmerder les automobilistes, comme dirait Pompidou : c’est une décision prise par le Premier ministre, qui pense que cela va contribuer à réduire les accidents. C’est sa décision et certains caricaturent cela en disant que cela va remplir les caisses de l’État, mais il faut être clair, je ne pense pas que ce soit la motivation première du Premier ministre. En revanche, sur la question des taxes sur le carburant, quand on connaît la France, quand on sait que pour des millions de Français il n’y a pas d’autre possibilité et pas d’autre choix, pour des raisons professionnelles ou familiales, imposer cette fiscalité est effectivement une facilité fiscale pour remplir les caisses de l’État.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.