Bernard Loiseau et ST Dupont : deux petites affaires "de luxe", deux évaluations boursières.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 16 novembre 2018 (numéro 965) : “Les résultats décryptés, suite”. Bonne lecture !!!
Les petites perles, faut-il s’y intéresser ? En Bourse, il y a de très grandes entreprises, présentes sur plusieurs continents, réalisant plusieurs milliards voire plusieurs dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires, et qui sont de forte notoriété, tout en étant parfois surcotées, ou sous cotées, avec un capital plus ou moins dispersé, une gestion plus ou moins efficace. Cela constitue l’essentiel des études que nous publions, avec, ne l’oublions pas non plus, des sujets concernant les risques pays ou les grandes évolutions technologiques. Cette semaine, j’ai décidé de vous parler d’entreprises de beaucoup plus petites dimensions, avec une capitalisation boursière faible, mais avec un potentiel significatif, ne serait-ce que parce que leur nom est très connu.
Christian Dior et “La Côte d’Or”.
Il y a belle lurette que Christian Dior est décédé, pourtant, son nom reste au firmament et la marque rapporte gros, c’est la plus brillante des étoiles de la galaxie LVMH. Successeur du célèbre chef Dumaine, qui opérait aux fourneaux de « La Côte d’Or » à Saulieu, Bernard Loiseau a porté son nom au firmament, obtenant trois étoiles, dans la succession d’une auberge qui, pourtant, avait perdu le flux des vacanciers, puisque l’autoroute A6 passe à 20 km désormais, alors que La Côte d’Or était un restaurant de voyageurs, un restaurant situé à Saulieu, sur le parcours de la fameuse route des vacances, la RN6 chantée par Charles Trenet. Bernard Loiseau était un fou de son terroir, et il a décidé, une première mondiale, d’introduire son entreprise à la Bourse de Paris il y a presque vingt ans de cela, le 23 décembre 1998. Coter un trois-étoiles, c’était impossible, cela s’est fait. Suite à son décès dramatique, son épouse, Dominique Loiseau, a repris le flambeau, et a continué le développement, au-delà de l’hôtel et du restaurant qui ont pris la succession, sur le fruit de plusieurs investissements, de l’ancienne « La Côte d’Or ». Bernard Loiseau avait ouvert plusieurs restaurants à Paris, sous le nom de ses tantes, Tante Marguerite, Tante Louise… Après avoir fermé il y a longtemps le restaurant de la place Pereire (17e arrondissement), très récemment, sa femme Dominique a arrêté Loiseau Rive Droite, l’ancienne Tante Louise. Loiseau Rive Gauche, anciennement Tante Marguerite, est désormais le seul fleuron parisien du groupe (une étoile au Michelin depuis cette année), mais, en termes de chiffre d’affaires, ne représente pas tout à fait le cinquième de ce qui est facturé chaque année en restauration ou en hôtellerie à Saulieu.
Brillante réussite à Dijon et à Beaune.
Le groupe bourguignon s’est développé dans sa région, en ouvrant en juillet 2007 Loiseau des Vignes, un vrai succès, et le restaurant est devenu étoilé à son tour, tout comme Loiseau des Ducs, à Dijon, ouvert en juillet 2013, et avec un bistrot adjacent (bar à vins), La Part des Anges, en juillet 2014. Très récemment, le groupe a décidé d’investir lourdement dans un spa, avec un restaurant adjacent, la Villa Loiseau des Sens, toujours sur le site de Saulieu. La marque Loiseau, c’est l’excellence à la fois dans l’hôtellerie (Saulieu), et dans la restauration (Saulieu et autres adresses). On peut s’interroger légitimement sur la très faible valorisation boursière de l’entreprise, qui est actuellement de 4 millions d’euros, alors que l’affaire a investi 6,5 millions d’euros dans la création dans son extension et la création de son spa et du restaurant Loiseau des sens. L’activité du restaurant comme du spa démarre plutôt bien, elle était inférieure à 500.000 euros de chiffre d’affaires en 2017, le doublement, à minimum, sera constaté en 2018. Ce qui est plus intéressant, c’est de voir que la marque Loiseau vit, à travers aussi une boutique, des produits dérivés, et quelques produits de licence. A l’inverse d’un certain nombre de chefs, Dominique Loiseau a été très vigilante pour ce qui concerne la protection de la marque, et la non-labellisation d’un certain nombre de produits qui n’auraient pas du tout été à la hauteur de l’image d’excellence de Bernard Loiseau.
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