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Un maire interdit à ses administrés de tomber malades !
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Marc Ducom, maire d’Ychoux (Landes) : « Les politiques votent la réforme du numerus clausus, mais l’effet sera visible seulement dans dix ans ! »
Marc Ducom, maire d’Ychoux, une commune de 2198 habitants située dans le département des Landes, vient de prendre un arrêté municipal pour interdire à sa population de tomber malade... En effet, les deux derniers médecins de son village vont partir à la retraite à la fin de l’année, alors que les recherches pour trouver leurs remplaçants, pourtant engagées il y a deux ans, sont restées infructueuses. En prenant cet arrêté, Marc Ducom souhaite alerter les autorités sur la question des déserts médicaux. Ce problème sensible ne concerne donc plus seulement les villages isolés du centre de la France, mais aussi des communes attractives situées à proximité du littoral.
L’Hebdo-Bourseplus : Lorsque l’on évoque les déserts médicaux, on pense à des départements comme la Creuse ou l’Allier, parce que les médecins préfèrent aller vivre dans les grandes villes ou en bord de mer. Or, vous êtes dans les Landes, dans une région attractive, mais vous êtes quand même touchés…
Marc Ducom : L’ARS (Agence régionale de Santé) ne classe pas le désert médical comme nous pourrions le penser : pour eux, un désert médical c’est quand il n’y a plus de médecins. Ils s’en aperçoivent le jour où ils partent à la retraite ! Mais nous ne sommes pas un désert médical, ce sont les journalistes qui parlent de désert médical. Nous sommes dans une zone qui est plutôt favorisée. Nous n’avons pas les aides à l’installation des jeunes médecins de l’ARS, alors que, juste à côté, nous avons une communauté de communes qui est classée en zone d’accompagnement et qui peut bénéficier de ces aides. Nous avons deux médecins généralistes qui vont partir à la retraite. Il y en a un qui a 67 ans et un autre qui a 68 ans. Cela fait un an que des démarches sont entreprises par ces médecins pour trouver leurs successeurs. Les gens qui se sont présentés étaient des médecins qui voulaient avoir des aides, mais ce n’est pas possible, ou des médecins qui trouvaient qu’il y avait beaucoup trop de travail sur la commune. Nos deux médecins font en réalité le travail de trois médecins, ils travaillent encore à l’ancienne, c’est-à-dire 12 à 13 heures par jour ! Nous avons un médecin qui a témoigné à la télévision en disant qu’il avait beaucoup de travail. Il a même déclaré : « J’ai un travail fou, il serait indécent de dire l’argent que je gagne, mais je ne demande rien, je suis obligé de satisfaire les patients ! »
Votre commune est pratiquement voisine de Biscarrosse, cela signifie que ce problème d’absence de médecins va aussi toucher des localités de bord de mer… Comme une tache d’huile…
La preuve est là et, ce qui nous fait d’autant plus râler, c’est que nous avons été l’une des premières communes de la région à faire une maison de santé avec les deux médecins. Nous l’avons financée entièrement par nos deniers, sans aucune aide de l’ARS, avec quatre infirmières, quatre kinésithérapeutes, un chirurgien-dentiste, un ostéopathe et une pharmacie à côté... Cela fonctionne à merveille. On est même en train de construire un troisième cabinet médical avec un logement. Mais nous ne trouvons personne...
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