Pourquoi il faut s’attendre à une baisse des prix de l’immobilier

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Ulrich Maurel, président de la Compagnie européenne du crédit : « Un certain nombre d’acquéreurs, malgré les taux bas et l’envie d’acheter, n’ont plus la capacité d’acheter au prix des acquisitions actuelles. »

La Compagnie européenne de crédit est le premier opérateur de crédit en France à travers ses quatre marques (Empruntis !, ACE Crédit, Immoprêt et Empruntis l’Agence). L’entreprise compte déjà plus 1 200 collaborateurs, dont 250 chefs d’entreprise, et 300 agences (succursales et franchises). En 2017, ce sont 20 milliards de crédits étudiés avec plus de 11 milliards de production intermédiée avec ses partenaires bancaires qui ont été opérés par la CEC. Ulrich Maurel souligne que plus d’un crédit immobilier sur trois est intermédié et que « cette proportion devrait atteindre un crédit sur deux, soit 50 % du marché, en 2022 ». Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Quel regard portez-vous sur la situation du marché immobilier et des taux ?

Ulrich Maurel : Les taux sont à des niveaux que l’on peut qualifier d’historiquement bas, puisque les banques continuent d’être agressives en termes de conditions commerciales. Elles souhaitent continuer de distribuer du crédit immobilier et conquérir de nouveaux clients. Aujourd’hui, sur vingt-cinq ans, nous arrivons à obtenir du 1,30 % sur les excellents profils et la concurrence est aussi très présente pour les beaux profils. En revanche, du côté du marché de l’immobilier, nous avons un marché qui a été dynamique, mais qui est en demi-teinte en 2018. La production de crédits est en baisse de 14,5 % en glissement annuel sur la partie crédit en accession à la propriété, hors rachat de créances. La renégociation de crédit est plutôt derrière nous. Nous avons des acquéreurs qui souhaitent toujours acheter, mais les prix de l’immobilier ont augmenté et un certain nombre d’acquéreurs, malgré les taux bas et l’envie d’acheter, n’ont plus la capacité d’acheter au prix des acquisitions actuelles. On observe aussi que les offres sont rares, puisqu’un certain nombre de marchés sont en tension : c’est le cas de l’Île-de-France, du bassin nantais ou du bassin bordelais.


Si les offres sont rares, il ne faut donc pas espérer que les prix vont diminuer…

Non, mais nous allons quand même avoir un phénomène de correction qui va arriver à un moment donné, car les prix immobiliers sont très élevés et beaucoup d’acquéreurs se sont écartés du marché. On observe que le nombre de transactions commence à baisser. Donc, les prix vont fortement s’orienter à la baisse et nous commençons à avoir des marchés baissiers dans certains territoires, particulièrement ceux où la dynamique d’emploi est faible.

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