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Comprendre l’univers des cryptomonnaies
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Owen Simonin, fondateur de Just Mining : « Les cryptomonnaies sont un moyen sécurisé de s’échanger de la valeur en toute confiance. »
On en parle depuis longtemps, mais le phénomène des cryptomonnaies reste encore un mystère pour beaucoup. Pourtant, ces monnaies sont de plus en plus utilisées par tous et dans le monde entier, où l’on en compte aujourd’hui plus de 2 000, dont les plus populaires sont connues sous les noms de Bitcoin, Ethereum, Ripple et Litecoin. Elles représenteraient 0,2 % de l’ensemble des transactions de la zone euro. Le 28 septembre dernier, l’article 26 de la loi PACTE traitant des ICOs a été examiné. La législation sur les ICOs (Initial Coins Offering ou levées de fonds en cryptomonnaies) prévoit de positionner la France en leader européen sur ce marché. La France et Malte sont, à l’heure actuelle, les deux seuls pays à posséder une législation sur les ICOs. Créée en mai 2017 par Owen Simonin, l’entreprise Just Mining, basée à Florange en Moselle, propose plusieurs solutions d’investissements dans les cryptomonnaies. Spécialisée dans le marché des blockchains, la jeune pousse compte une équipe de dix personnes dont la moyenne d’âge est comprise entre 20 et 22 ans. L’entreprise affiche aujourd’hui plus de 15 000 clients répartis sur les cinq continents et son chiffre d’affaires s’élève à 2 millions d’euros. Owen Simonin, fondateur de Just Mining, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Tout le monde a plus ou moins déjà entendu parler des cryptomonnaies, et du Bitcoin notamment, en sachant que c’est une monnaie parallèle. Or, sa valeur avait fortement monté, mais elle s’est effondrée il y a quelques mois et, depuis, beaucoup de gens se méfient des cryptomonnaies. Cette présentation vous choque-t-elle ?
Owen Simonin : Non, elle ne me choque pas, puisque c’est de cette manière que la plupart des gens présenteraient les cryptomonnaies... À partir du moment où vous présentez les cryptomonnaies en disant qu’il faut faire attention, votre présentation est complète. Les cryptomonnaies peuvent s’échanger sans tiers de confiance, donc on peut échanger de la valeur sans avoir un intermédiaire de confiance. Aujourd’hui, si je vous fais un virement bancaire de 1 000 euros, en réalité, c’est ma banque qui va faire un virement à votre banque : dans la comptabilité de ma banque, il était indiqué qu’elle me devait 1 000 euros et, maintenant, c’est dans la comptabilité de votre banque qu’il y aura cette ligne. En fait, on ne fait rien à part se donner cette valeur. Quand on regarde son solde sur Internet, avec 1 000 euros par exemple, c’est simplement un chiffre qui apparaît, mais c’est notre banque qui valide cela en tant que tiers de confiance. Les cryptomonnaies sont un moyen sécurisé de s’échanger de la valeur en toute confiance, sans avoir à passer par une entité qui va certifier la transaction.
Peut-on établir un parallèle avec le marché de l’art, au sein duquel les collectionneurs s’échangent des valeurs qu’ils estiment finalement eux-mêmes en fonction du marché ?
Effectivement, on peut faire un parallèle avec le marché de l’art puisqu’un tableau n’a de valeur que celle qu’on lui donne et que celle qu’on lui accorde. Si le bitcoin vaut 5 000 euros, c’est parce que l’intégralité des gens qui achètent et qui vendent du bitcoin - c’est l’offre et la demande - estiment que cela vaut 5 000 euros. À ce moment-là, on peut faire un parallèle avec le marché de l’art. Effectivement, si tout le monde ressent cette même sensation, en étant touché de la même façon par une œuvre, elle va prendre de la valeur.